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Le département de la Justice américain a élargi les poursuites liées à la manifestation organisée à la Cities Church de St Paul, Minnesota : 39 personnes sont désormais inculpées, contre neuf initialement. L’affaire, qui oppose manifestants et autorités autour de l’opération d’expulsion fédérale, alimente un débat national sur la liberté de culte et le droit de manifester.
L’élargissement des poursuites
La procureure générale Pam Bondi a annoncé vendredi l’ouverture d’un acte d’accusation supplémentaire visant trente personnes de plus, précisant que vingt-cinq avaient déjà été arrêtées et que d’autres interpellations étaient prévues. Selon elle, le ministère entend poursuivre fermement les auteurs d’actes visant un lieu de culte.
Dans ses déclarations, Bondi a mis en garde les manifestants potentiels en affirmant que les autorités retrouveraient et poursuivraient ceux qui attaquent une maison de culte, soulignant la volonté du département de « défendre les chrétiens et tous les Américains de foi ».
Les chefs d’accusation
Le nouvel acte d’accusation portée contre les 39 prévenus comporte deux chefs : complot contre le droit à la liberté de culte et actions visant à blesser, intimider ou entraver l’exercice de cette liberté. Ces chefs découlent d’un acte d’accusation supplantant le dossier antérieur.
Selon le texte de l’acte d’accusation, les prévenus auraient, une fois à l’intérieur de l’église, « occupé physiquement » l’allée principale et des rangées de sièges près de l’avant, procédant à des chants et des cris jugés menaçants et empêchant des issues, ce qui aurait intimidé les fidèles et les responsables de la paroisse.
Des inculpés qui contestent
Plusieurs personnes visées par l’acte d’accusation contestent leur implication. Certains affirment ne pas avoir participé à la manifestation du 18 janvier, tandis que d’autres, notamment des journalistes présents ce jour-là, déclarent s’être rendus sur place dans l’exercice de leur profession.
Parmi les noms médiatiques cités figurent d’anciens présentateurs et reporters qui ont plaidé non coupable et mis en avant des questions de liberté de la presse, affirmant que leur couverture ne constitue pas une action criminelle.
Un contexte tendu : « Operation Pullup » et l’opération fédérale
La manifestation, baptisée « Operation Pullup », s’inscrit en réaction à une vaste opération d’immigration menée dans la région des Twin Cities, surnommée Operation Metro Surge par l’administration. L’intervention fédérale avait concentré des moyens importants autour de Minneapolis–St Paul et ciblé notamment la communauté somalo-américaine de la région.
Les opérations d’immigration ont été entachées d’allégations d’usage excessif de la force : vidéos montrant des observateurs et des manifestants pris pour cible, effraction de domiciles sans mandat, et arrestations contestées ont suscité l’indignation d’associations et de détracteurs.
Événement déclencheur et chronologie
- 7 janvier : une mère de 37 ans, Renee Good, est tuée lorsqu’un agent fédéral a tiré sur son véhicule ; cet épisode a déclenché une série de manifestations à l’échelle nationale.
- Moins de deux semaines plus tard : la manifestation dite « Operation Pullup » se tient à la Cities Church de St Paul, visant notamment le pasteur David Easterwood, membre local de l’administration d’immigration.
- 22 janvier : un juge de la magistrature avait initialement rejeté la tentative de poursuites contre neuf participants.
- 29 janvier : le ministère a saisi un grand jury qui a rendu un acte d’accusation rendu public le lendemain.
- Vendredi : annonce de l’élargissement à 39 inculpés et des premières arrestations.
Réactions et enjeux juridiques
Les défenseurs des inculpés dénoncent une volonté politique d’étouffer l’opposition au cœur d’une campagne qui cherche à rallier une base religieuse conservatrice. Les critiques estiment que la qualification pénale de ces actes risque de restreindre l’exercice du droit de manifester.
De leur côté, certains manifestants affirment leur détermination à contester les poursuites en s’appuyant sur le Premier Amendement. Des figures locales du mouvement pour les droits civiques ont appelé à rester vigilantes face aux opérations d’immigration, estimant que le moment n’est pas propice au compromis.