La réponse courte
Le parquet de Paris a annoncé, vendredi 16 octobre 2026, l’ouverture d’une enquête visant à retrouver les auteurs présumés d’une nouvelle vague de cyberharcèlement contre Youssef Badr, juge au tribunal de Bobigny. La procédure porte également sur des menaces. Elle ouvre des investigations sur les attaques en ligne, sans établir à elle seule la culpabilité de quiconque.1
Deux questions distinctes sont donc examinées. Le volet cyberharcèlement concerne la répétition de propos ou de comportements ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de vie. Le ministère public soupçonne ici une dimension discriminatoire liée à la race, à l’ethnie, à la nation ou à la religion. L’autre volet concerne des menaces visant un magistrat : menaces de mort ou d’atteinte dangereuse aux biens. La répétition des attaques et la nature des menaces sont ainsi deux aspects à distinguer pour comprendre le périmètre de l’enquête.1
Un premier ensemble de propos a été transmis aux enquêteurs. Le Pôle national de lutte contre la haine en ligne en a constitué une sélection susceptible de recevoir une qualification discriminatoire. L’Office central de lutte contre les crimes de haine (OCLCH) est chargé des investigations. Cette transmission et la recherche des auteurs correspondent à deux fonctions différentes : délimiter des propos à examiner ne revient pas encore à établir qui en est responsable ni quelles infractions seront retenues.1
L’annonce intervient après la publication d’un numéro du magazine d’extrême droite Frontières consacrant 24 pages au magistrat et mettant en cause son impartialité. Youssef Badr a déclaré recevoir de nombreux messages d’insultes et de menaces après cette publication et a rejeté l’accusation d’être un juge politisé. Erik Tegnér, directeur de la rédaction de Frontières, conteste de son côté que son média ait attaqué le juge et défend la liberté de la presse. Ces positions opposées ne permettent pas de confondre la controverse autour du magazine avec l’identification des auteurs des messages visés par l’enquête.2
Les 2 sources
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