Deux engins explosifs ont détoné mardi matin à Damas, à quelques centaines de mètres de l’hôtel où Emmanuel Macron avait passé la nuit. Le président français, qui se trouvait déjà au palais présidentiel, a fait savoir dans la matinée que sa visite officielle se poursuivait.
Selon le ministère de l’Intérieur syrien, le bilan provisoire est de dix-huit blessés, dont quatre policiers. Aucun Français ne figure parmi les blessés identifiés à ce stade.
Une bombe dans une benne à ordures, une autre dans un véhicule
Les deux déflagrations se sont produites à deux endroits distincts de la capitale syrienne, dans le quartier hôtelier où résidait la délégation française. L’une des charges avait été placée dans une benne à ordures, l’autre à bord d’un véhicule stationné à proximité de l’hôtel Four Seasons.
Le chef de l’État avait quitté les lieux avant les explosions, précisent les informations disponibles. Emmanuel Macron est arrivé lundi soir à Damas, devenant le premier dirigeant d’une grande puissance occidentale à se rendre en Syrie depuis la chute du régime de Bachar al-Assad fin 2024.
« Ma visite se poursuit »
Quelques heures après les explosions, le chef de l’État a confirmé qu’il maintenait son programme. Le déplacement prévoit notamment une rencontre avec Ahmed al-Charaa, président syrien par intérim et ancien chef d’une formation jihadiste, dont l’évolution politique conditionne largement la levée des sanctions occidentales contre Damas.
Le choix de ne pas écourter la visite donne à la France une longueur d’avance diplomatique dans un contexte où la sécurité du président reste exposée. Il confirme aussi la ligne défendue par l’Élysée depuis mai 2025, lorsque Ahmed al-Charaa avait été reçu à Paris avant de se rendre à Washington et de bénéficier d’une levée partielle des sanctions européennes et américaines.
Un déplacement à haut risque politique
La visite devait combiner un volet diplomatique, un volet économique — plusieurs entreprises françaises de l’énergie, du maritime, du numérique et des infrastructures accompagnant la délégation — et un signal patrimonial avec la restitution d’œuvres syriennes conservées depuis 2011 à l’Institut du monde arabe.
Les explosions de mardi placent la sécurité du président et de sa délégation au premier plan. La nature des engins utilisés, leur localisation à proximité immédiate d’un site identifié de la délégation, et le choix de ne pas interrompre la visite dessinent les contours d’un test pour la stratégie syrienne de la France.
Sources
- franceinfo — Explosions à Damas : E. Macron continue sa visite (7 juillet 2026)
- Courrier International — Deux explosions secouent Damas pendant la visite d’Emmanuel Macron (7 juillet 2026)
- L’Humanité — Syrie : deux bombes ont explosé près de l’hôtel de Damas où Emmanuel Macron a passé la nuit (7 juillet 2026)
