Une journée minutée autour du verdict
La cour d’appel de Paris rend mardi 7 juillet 2026 sa décision dans le dossier des assistants parlementaires européens du Rassemblement national. Marine Le Pen doit arriver sur place vers 13 heures, dans la première chambre de la cour d’appel qu’elle connaît déjà pour y avoir été entendue en première instance. Elle sera entourée par des figures du parti : le député Bruno Bilde, le député Jean-Philippe Tanguy et le secrétaire général du groupe RN à l’Assemblée, Renaud Labaye.
Aux alentours de 17 heures, la décision tombera et la dirigeante du RN rejoindra Jordan Bardella au siège du parti pour une réunion de crise. Selon un cadre du RN, le calendrier de la journée a été pensé pour cadrer la communication quel que soit le verdict : « Marine veut faire vite. Soit elle peut y aller et elle acte sa candidature ce soir-là, soit elle est empêchée et ce sera un passage de flambeau à Jordan. »
Deux scénarios déjà anticipés par le RN
Les deux scénarios ont été discutés en amont avec Jordan Bardella. Un député RN confie que le contenu des prises de parole de chacun a été préparé à l’avance, afin d’éviter toute improvisation au moment de la sortie du verdict. L’état-major du parti ne prévoit pas de séquence d’indignation comparable à celle qui avait suivi la condamnation de première instance, lorsque Marine Le Pen avait dénoncé une « décision politique » et non une décision de justice.
Si la cour d’appel confirme une inéligibilité supérieure à deux ans, Marine Le Pen ne pourra pas briguer un quatrième mandat présidentiel. C’est dans ce cas qu’est prévu un passage de flambeau à Jordan Bardella, déjà désigné dauphin du mouvement après le congrès qui avait acté l’évolution de la tête du parti. Dans l’hypothèse inverse, Marine Le Pen acterait sa candidature dès le soir du 7 juillet.
Un signal d’unité préventif à Liévin
À la veille du verdict, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont multiplié les sorties communes, dont une dernière à Liévin, dans le Pas-de-Calais, le 4 juillet 2026. Face à une vingtaine de cadres venus « faire la claque », le tandem a affiché une ligne d’unité. Jordan Bardella a déclaré vouloir « redire mon total soutien, ma totale amitié » à Marine Le Pen, ajoutant : « j’espère bien la voir élue présidente de la République dans quelques mois ». Marine Le Pen a renchéri en assurant que, si elle devait être empêchée, Bardella la soutiendrait « tous les jours, avec une grande énergie, une grande conviction et une grande confiance ».
Ce dispositif de communication préventif s’explique aussi par le poids politique de la décision à venir : à huit mois de l’échéance présidentielle, l’avenir judiciaire de la dirigeante d’un parti qui figure dans le trio de tête des sondages est devenu un paramètre majeur de la prochaine campagne.
Sources
- Affaire des assistants parlementaires européens : Marine Le Pen retient son souffle à la veille de la décision de la cour d’appel de Paris (franceinfo, 6 juillet 2026)
- Marine Le Pen, hors course pour 2027 ? Les scénarios possibles du 7 juillet (Le Nouvel Obs, 6 juillet 2026)
- Affaire des assistants parlementaires européens du FN : les différents scénarios judiciaires pour Marine Le Pen après la décision en appel (Le Monde, 6 juillet 2026)
