Le porte-avions Charles-De-Gaulle quitte la zone du Moyen-Orient où il avait été déployé pendant le conflit entre l’Iran et les États-Unis, et fait route vers son port d’attache de Toulon. Emmanuel Macron a officialisé la décision vendredi soir sur X, la présentant comme un ajustement lié à l’accord conclu entre l’Iran et les États-Unis le 17 juin pour cesser les hostilités.
Le navire se trouve actuellement en mer Méditerranée, a précisé l’Élysée. La France ne se retire pas pour autant du dispositif de sécurisation du détroit d’Ormuz : deux chasseurs de mines tripartites, accompagnés de deux frégates et d’un avion de patrouille maritime, restent déployés, prêts à intervenir avec les partenaires internationaux.
« Accompagnés de deux frégates et d’un avion de patrouille maritime, ces moyens sont prêts à contribuer, avec nos partenaires, à la pleine reprise de la navigation et à garantir la sécurité du trafic dans le détroit d’Ormuz », a écrit le président de la République, en évoquant une « évolution favorable » depuis l’accord du 17 juin.
Cette annonce intervient au terme d’une semaine diplomatique intense. Emmanuel Macron s’est notamment entretenu avec le sultan d’Oman, Haïtham ben Tariq. À l’issue de cet échange, Paris et Mascate ont annoncé leur intention de mener des « opérations de déminage conjointes » dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part essentielle du commerce maritime mondial d’hydrocarbures.
Un dispositif naval allégé mais toujours en place
En se retirant, le porte-avions, bâtiment amiral de la Marine nationale, laisse sur place une force restreinte, principalement tournée vers le déminage. Ces opérations sont au cœur de la proposition française : Paris cherche depuis plusieurs semaines à fédérer une coalition internationale capable d’assurer la sécurité du trafic dans l’un des points de passage les plus stratégiques du globe.
Le choix de conserver deux chasseurs de mines tripartites — des navires conçus pour la guerre des mines et non pour la projection aéronavale — indique que la menace jugée la plus pressante concerne moins une confrontation militaire ouverte que la présence d’engins explosifs dans les eaux du détroit, susceptibles d’avoir été disséminés durant le conflit Iran–États-Unis.
Une coordination étroite avec Londres
Dans la soirée du 3 juillet, Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer ont publié une déclaration commune appelant à la sécurisation du détroit d’Ormuz. La France et le Royaume-Uni, deux puissances militaires européennes parmi les plus engagées dans la région, affichent ainsi une posture coordonnée, dans un contexte où Washington et Téhéran tentent de stabiliser le cessez-le-feu.
Cette posture s’inscrit plus largement dans la stratégie française en matière de défense maritime, marquée par une présence régulière dans le golfe Arabo-Persique et par une doctrine de « partenariat de combat » avec les pays riverains, dont les Émirats et Oman.
Un tour de table diplomatique qui se poursuit
L’annonce du retour du Charles-De-Gaulle ne marque pas la fin de l’implication française au Moyen-Orient. Le président a réaffirmé sa volonté d’« ajuster ses moyens en fonction de l’évolution de la situation et des besoins de sécurité dans la région », tout en maintenant la pression diplomatique sur le dossier nucléaire iranien et la liberté de navigation.
Le calendrier précis de l’arrivée du porte-avions à Toulon n’a pas été communiqué par l’état-major. Le bâtiment, dont le groupe aérien embarqué comprend des Rafale Marine, devra ensuite passer par une période de maintenance avant tout nouveau déploiement.
Sources
- La Tribune — Désescalade au Moyen-Orient : le Charles-De-Gaulle rentre, la France et ses alliés sécurisent Ormuz
- Le Monde — Accord Iran-USA : le porte-avions français rentre à son port d’attache de Toulon
- BFM TV — Emmanuel Macron annonce le retour du porte-avions Charles de Gaulle au port de Toulon
- Le Parisien — Guerre en Iran : le « Charles de Gaulle » rentre à Toulon, deux chasseurs de mines restent prêts
