95 % des annonces au-dessus des plafonds
À quelques semaines de la rentrée universitaire, l’association Que Choisir Ensemble (ex-UFC-Que Choisir) publie une enquête sur le logement étudiant dans onze grandes agglomérations françaises. Elle aboutit à un constat chiffré sans appel : sur les six villes soumises à l’encadrement des loyers, 95 % des annonces de studios de 15 m² dépassent les plafonds autorisés. Le dépassement atteint en moyenne 234 € par mois, et jusqu’à 382 € à Paris.
L’étude, que France Inter a pu consulter en avant-première lundi 6 juillet 2026, a passé au crible des annonces postées sur des plateformes comme Leboncoin dans onze villes universitaires — Aix-Marseille, Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes, Paris, Rennes, Strasbourg et Toulouse — qui concentrent environ 62 % des étudiants du pays.
Paris, Bordeaux, Grenoble : des écarts considérables
Les prix moyens relevés pour un studio de 15 m² donnent la mesure des disparités entre territoires. L’étude chiffre à près de 600 € le loyer mensuel moyen d’un studio de cette taille dans les onze agglomérations, avec 504 € à Grenoble, 560 € à Lyon, 655 € à Bordeaux, et jusqu’à 984 € à Paris. L’aide personnalisée au logement (APL), qui couvre en moyenne 43 % du loyer, ne suffit pas à ramener ces montants à un reste à charge compatible avec un budget étudiant.
L’enquête ne se limite pas aux seuls dépassements de plafonds : 73 % des annonces examinées comportent au moins une irrégularité identifiée par l’association. La nature exacte de ces irrégularités — frais abusifs, absence de diagnostics, surface annoncée non conforme — n’est pas détaillée dans la synthèse rendue publique lundi.
Un parc Crous sous tension, 9 étudiants sur 10 hors résidence
Le phénomène prend racine dans une donnée structurelle rappelée par Que Choisir Ensemble : faute de places suffisantes en résidence Crous, plus de neuf étudiants sur dix sont contraints de se tourner vers d’autres solutions de logement, dont le parc privé où « les loyers atteignent souvent des niveaux incompatibles avec leur budget ». Dans ce contexte, 40 % des étudiants se tournent vers une location sur le marché libre.
Pour la rentrée 2026, le décalage entre la règle d’encadrement et la réalité des annonces en ligne fait peser une double charge sur les étudiants : payer plus cher que le plafond légal, alors même que les capacités d’hébergement institutionnel restent inférieures à la demande. La publication de l’étude, à six semaines de la rentrée, vise précisément à mettre ce décrochage sur la place publique avant que les premiers baux ne soient signés.
Sources
- Logement étudiant – 95 % des annonces ne respectent pas le plafonnement des loyers (Que Choisir, 6 juillet 2026)
- Logements étudiants : 95 % ne respectent pas l’encadrement des loyers et 73 % comportent au moins une irrégularité (franceinfo, 6 juillet 2026)
- Logement étudiant : Que Choisir Ensemble dénonce le non-respect du plafonnement des loyers (Figaro Immobilier, 7 juillet 2026)
- Encadrement des loyers : dans les villes universitaires, 95 % des annonces dépassent les plafonds (Le Parisien, 6 juillet 2026)
