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Le transport maritime évolue vers un modèle plus durable, avec un retour des voiles pour réduire l’empreinte carbone. De plus en plus de marins, comme Yann Jourdan, capitaine du voilier Grain de Sail II, choisissent de naviguer en utilisant l’énergie du vent plutôt que des moteurs à combustion. Bien que cela implique une réduction de salaire, cela lui confère une tranquillité d’esprit quant à l’avenir de l’environnement, surtout pour son jeune fils.
Une flotte maritime polluante
La flotte internationale de commerce, comprenant plus de 100 000 navires, transporte plus de 80 % du commerce mondial. Cependant, elle est responsable d’environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Si une transition rapide vers des énergies plus propres ne s’opère pas, la pollution pourrait s’aggraver considérablement.
Le retour des voiles
Historiquement perçus comme désuets, les voiliers pour le transport de marchandises connaissent un renouveau. « C’est notre travail de prouver que c’est possible », déclare Jourdan. Le Grain de Sail II, qui mesure la moitié de la longueur d’un terrain de football, peut transporter 350 tonnes de marchandises, en n’utilisant son moteur diesel que pour manœuvrer dans les ports.
Technologie moderne au service des voiles
Les nouveaux navires comme Grain de Sail II intègrent des technologies modernes, avec une coque en aluminium et de grands mâts en fibre de carbone. Ils sont conçus pour optimiser l’utilisation des voiles. Le navire a réalisé son plus rapide trajet vers New York en 17 jours, et un retour en 15 jours.

Les grands navires s’adaptent aussi
Des systèmes assistés par le vent sont également installés sur des cargos à moteur, comme le Sea Zhoushan, un navire de 340 mètres qui transporte du minerai de fer. En service depuis 2021, il utilise cinq rotors pour capter l’énergie éolienne et prévoit des économies de carburant allant jusqu’à 8 % sur ses trajets.
Quand le vent fait défaut
Le transport maritime à voile fait face à des défis, notamment la variabilité du vent. Neoline, un transporteur français, admet que son futur navire de 136 mètres utilisera un moteur diesel si les conditions de vent ne permettent pas d’atteindre ses objectifs de temps de trajet.
Vers un avenir durable
Les frères Barreau, co-fondateurs de Grain de Sail, travaillent sur un troisième navire, Grain de Sail III, qui doublera la longueur de Grain de Sail II et transportera huit fois plus de marchandises. Avec cette expansion, ils souhaitent maintenir leur approche axée sur l’énergie éolienne, réduisant ainsi l’empreinte carbone des navires.
Yann Jourdan, avec son look de marin moderne, reste convaincu que la navigation à voile est l’avenir du transport maritime. « Pour moi maintenant, c’est un secteur polluant », affirme-t-il. « Je veux juste faire quelque chose dont je suis fier. »