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Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a opposé son veto à un projet de loi visant à réduire la peine de prison de son rival d’extrême droite et prédécesseur, Jair Bolsonaro, condamné pour avoir organisé une tentative de coup d’État. Ce choix, annoncé le troisième anniversaire de l’attaque du 8 janvier contre les institutions de Brasilia, confirme la promesse de Lula de bloquer la mesure adoptée l’an dernier par un Congrès contrôlé par l’opposition.
Un veto annoncé et motivé
Lula a expliqué que la décision visait à protéger la mémoire et l’avenir de la démocratie brésilienne. Selon le président, réduire les peines aurait été bénéfique « pour ceux qui ont attaqué la démocratie brésilienne ». Il a ainsi refusé de signer une loi qui aurait allégé les sanctions infligées à près d’un millier de personnes liées aux événements du 8 janvier.
Le veto expose toutefois Lula à la possibilité d’un dépassement par le Parlement, qui pourrait tenter de l’outrepasser. Le chef de l’État avait averti qu’il userait de ce droit de blocage si le projet compromettait la justice et la protection des institutions.
Le souvenir du 8 janvier
Le veto intervient au moment où le Brésil commémorait l’assaut contre la « place des Trois Pouvoirs », où siègent la présidence, le Congrès et la Cour suprême. Le 8 janvier, des milliers de partisans de Bolsonaro avaient pris d’assaut ces bâtiments dans une tentative apparente de provoquer une réaction militaire destinée à évincer Lula.
L’attaque a causé des millions de dollars de dégâts et de nombreux blessés, rappelant aux autorités et à l’opinion publique que la démocratie reste fragile. Lula a appelé les Brésiliens à rester vigilants et à défendre le régime démocratique établi après les années de dictature.
La condamnation de Jair Bolsonaro
Jair Bolsonaro a été reconnu coupable de plusieurs chefs, notamment de tentative de coup d’État, de dégradations du patrimoine public et de participation à une entreprise criminelle visant à renverser les résultats électoraux. Il a écopé d’une peine totale de 27 ans de prison.
Placé en détention après la constatation d’une tentative de sabotage du bracelet électronique le contrôlant, Bolsonaro plaide non coupable et présente les poursuites comme une manœuvre politique contre lui.
- Tentative de coup d’État
- Dommages aux biens publics
- Participation à une entreprise criminelle
Pressions politiques et enjeux pour 2026
En décembre, la Chambre des députés puis le Sénat ont adopté un texte réduisant les peines de près de 1 000 personnes impliquées dans l’assaut, texte ensuite transmis au président pour promulgation. Les défenseurs de la mesure, principalement situés à droite, jugent la condamnation excessive et ont tenté d’ouvrir une voie de sortie pour Bolsonaro et d’autres détenus.
Des membres de la famille Bolsonaro, notamment ses fils, ont multiplié les démarches politiques et médiatiques pour obtenir la clémence ou la libération du patriarche, allant jusqu’à menacer d’influer sur la campagne présidentielle de 2026. Le climat politique a paru fortement influencé par la perspective des élections d’octobre.
Avec ce geste — souvent résumé dans les médias par l’expression « Lula veto Bolsonaro » — le président cherche à afficher un positionnement clair face à l’extrémisme et à mobiliser son électorat autour de la défense des institutions démocratiques. Lula brigue un quatrième mandat et devrait probablement retrouver sur sa route l’héritage politique de Bolsonaro, incarné notamment par des membres de sa famille.