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Alain Orsoni, figure du nationalisme corse et ancien président du club de football de l’AC Ajaccio, a été tué d’une balle lors des obsèques de sa mère dans le village de Vero, en Corse-du-Sud. L’événement s’est déroulé dans l’enceinte du cimetière, devant des proches réunis pour l’enterrement. Le tireur serait un sniper, capable de tir à longue distance, et aurait pris la fuite, selon les premiers éléments communiqués par les autorités. Le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) s’est auto-saisi de l’enquête, en collaboration avec la Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Marseille, et les enquêteurs tentent de localiser le lieu exact du tir et d’évaluer d’éventuelles similitudes avec d’autres affaires liées au milieu corse.
À Vero, tir à longue distance lors des obsèques d’Alain Orsoni
Les faits se sont produits peu après 16 h 30, selon les précisions relayées par les médias et les autorités. Alain Orsoni se tenait près de la tombe de sa mère lorsque la balle a atteint l’homme de 71 ans, le tuant sur le coup. Une ogive a été retrouvée sur place et les enquêteurs étudient les trajectoires possibles du tireur, posté à distance. « Il est trop tôt pour privilégier une piste », a déclaré Nicolas Septe, procureur de la République d’Ajaccio, lundi soir. Le tireur aurait pris la fuite après l’action. Orsoni, connu pour avoir dirigé l’ACA et avoir vécu de longues années au Nicaragua, laissait derrière lui une figure marquante du nationalisme corse et un passé intimement lié au milieu local.

Son frère, Guy Orsoni, figure du banditisme corse, est en prison et avait été condamné à 13 ans en 2018 pour tentative d’assassinat sur Pascal Porri. Des épisodes violents liés à l’entourage d’Orsoni avaient été évoqués par les médias locaux, en lien avec des dynamiques qui traversent le milieu insulaire.
Enquête et contexte : PNACO et Jirs en charge
Le dossier a été confié au Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) et à la Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Marseille, avec une auto-saisine « au regard notamment de la qualité de la victime et de son appartenance au milieu corse ». « Il est trop tôt pour privilégier une piste », a répété le procureur, lundi soir. Des éléments de similarités opérationnelles avec d’autres homicides impliquant l’entourage d’Orsoni et de son fils Guy, détenu, avaient été évoqués par une source policière locale et feront l’objet d’analyses approfondies. Par ailleurs, des épisodes violents impliquant l’entourage d’Orsoni avaient été mentionnés dans les analyses médiatiques, notamment les crimes frappant des proches dans le passé.
Les autorités poursuivent les analyses techniques : relevés d’indices, traçages et vérifications des lieux potentiels de tir. À l’échelle régionale, la Corse demeure sous tension face à des luttes entre factions et à un contexte médiatique qui alimente les questions sur la sécurité des personnalités publiques et des cérémonies religieuses sur l’île.
Réactions et contexte en Corse
« On vient d’enterrer la maman d’Alain. C’est un moment de peine, de chagrin. Et d’un coup, on entend un coup de feu et Alain tombe mort. En plein cimetière, après une cérémonie religieuse », relate l’abbé Roger Polge à France 3 Corse. « Qu’est-ce qui se passe chez nous ? La Corse me paraît pire que la Sicile, c’est inimaginable », confiait-il, sous le choc. « On prie pour la peine, pour l’unité et la paix, il n’y a rien qui rentre. Même devant le bon Dieu, je ne sais pas ce qu’ils vont dire. »
Des Corses contacten davantage après les faits évoquent une rupture avec les usages autour des enterrements et s’inquiètent du niveau de violence lié au milieu. Le récit rappelle que le frère de la victime, Guy Orsoni, est une figure du milieu et avait été condamné pour des actes violents. L’affaire rappelle la vigilance des autorités face à des dynamiques criminelles persistantes en Corse et sur l’île, qui demeure marquée par des luttes entre bandes et des risques pour les témoins et les familles.