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Municipales 2026 : un aperçu de la présidentielle de 2027

par Lea
France

À environ un an de l’échéance présidentielle, certaines formations estiment que les municipales peuvent servir de test grandeur nature de leur poids sur le long terme. Cependant, l’ancrage local et l’émiettement du paysage politique compliquent toute extrapolation vers 2027. Les enjeux locaux restent en premier plan.

Élections municipales prévues les 15 et 22 mars 2026 (illustration)
Élections municipales prévues les 15 et 22 mars 2026 (illustration).

Le premier tour des municipales est programmé pour le 15 mars. À 13 mois du scrutin présidentiel, certains espèrent que ce rendez-vous donnera des indications sur les rapports de force à venir. Le Rassemblement National, dont la trajectoire présidentielle semble se dessiner davantage après les réquisitions du parquet contre Marine Le Pen, n’a pas grand-chose à perdre et pourrait gagner gros, notamment à Toulon et Nice, et même Marseille grâce à l’alliance avec Éric Ciotti, sans oublier des villes moyennes autour de la Méditerranée. Bardella entamera d’ailleurs sa campagne dans l’Aude et l’Hérault.

Le parti d’extrême droite cherche à accentuer sa pression sur LR, à l’image de LFI vis-à-vis du PS. Pour la première fois, Jean-Luc Mélenchon s’engage réellement dans ce scrutin municipal, multipliant les meetings à travers le pays. Ses candidats, s’ils ne remportent pas les grandes villes, peuvent néanmoins faire trébucher les socialistes qu’ils visent, par exemple à Paris, Saint-Denis, Marseille ou Rennes.

Depuis 2017, un fossé profond s’est creusé entre, d’un côté, des partis qui disposent de têtes d’affiche susceptibles d’accéder à l’Élysée — le RN, le bloc macroniste et LFI — mais manquent d’implantation locale, et, de l’autre, des partis qui gèrent les mairies sans disposer de présidentiables en position de gagner.

Des partis forts localement mais faibles à la présidentielle

Le PS détient plus d’un quart des 414 villes de plus de 20 000 habitants et Anne Hidalgo a obtenu 1,7 % en 2022. Même chose pour LR, qui ne dirige plus qu’une métropole de plus de 100 000 habitants, Nîmes, tout en restant très implanté dans les villes petites et moyennes. Les écologistes avaient pris Bordeaux, Lyon, Strasbourg et Poitiers il y a six ans, Grenoble en 2014, et se trouvent confrontés à des enjeux lourds.

Enfin, l’émiettement du paysage politique complique les comparaisons entre municipales et présidentielle. À l’Assemblée nationale, les trois blocs habituels se déforment en multiples listes locales; dans les villes, on prévoit au moins trois listes qualifiées au second tour (seuil de 10 %), et souvent quatre, voire cinq, faute de fusion entre droites et gauches. Cela n’a guère de rapport avec une présidentielle où seuls deux candidats seront présents au second tour.

Seul Le Havre semble offrir une dynamique certaine en direction de 2027 : l’ancien Premier ministre Édouard Philippe brigue un mandat incertain, et un échec pourrait entamer ses ambitions présidentielles.

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