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La montée des tensions entre Israël, les États-Unis et l’Iran a rapidement débordé sur les marchés mondiaux : le pétrole et le gaz ont bondi, tandis que les Bourses asiatiques ont enregistré des pertes sévères, entraînées par la Corée du Sud et le Japon. Cette situation ravive les craintes d’une crise énergétique durable et pèse sur le sentiment des investisseurs à l’échelle internationale.
GNL : flambée des prix en Asie et en Europe
Les prix du gaz naturel liquéfié (GNL) en Asie ont grimpé à leur plus haut niveau depuis 2023 après une interruption des flux en provenance du Golfe liée aux perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Hormuz. Sur le marché au comptant asiatique, les prix se sont envolés, plus que doublés par rapport à la semaine précédente, reflétant une offre contrainte et une demande concurrente entre régions.
Cette hausse a également touché l’Europe, où les cours du gaz ont bondi, enregistrant une progression marquée depuis la fin de la semaine précédente. Les opérateurs s’inquiètent de l’impact sur les stocks en vue de l’hiver prochain et de la capacité de l’Union européenne à réduire sa dépendance aux importations de gaz russe.
Selon des acteurs du secteur, la rupture des approvisionnements pousse à une « concurrence » des cargaisons entre marchés ; les navires sont souvent redirigés vers le destinataire offrant la prime la plus élevée. Par ailleurs, des pays fortement exposés comme la Chine et l’Inde pourraient se tourner temporairement vers des sources alternatives telles que le charbon pour limiter l’impact économique d’une pénurie prolongée.
Le pétrole repart à la hausse
Les cours du pétrole ont repris de la vigueur : le Brent a progressé d’environ 3 % tandis que le brut américain a enregistré une hausse comparable, portés par les risques d’interruption des exportations du Moyen-Orient. Ces gains font suite à plusieurs séances déjà haussières, marquées par des inquiétudes croissantes sur l’offre.
Les déclarations sur la possible protection des navires commerciaux par des forces navales étrangères ont toutefois tempéré l’ampleur des hausses, en ramenant une part d’incertitude sur la durée et l’intensité du choc d’offre. Plusieurs grandes banques et établissements financiers ont relevé leurs prévisions de prix pour les prochains trimestres, anticipant des niveaux moyens supérieurs à leurs précédentes estimations.
Par ailleurs, certaines études de marché estiment que la fermeture prolongée du détroit d’Hormuz pourrait entraîner des pertes d’approvisionnement pouvant atteindre plusieurs millions de barils par jour, affectant notamment des producteurs régionaux importants.
Onde de choc sur les Bourses asiatiques
L’augmentation des coûts de l’énergie a pesé lourdement sur les marchés actions en Asie. Les investisseurs ont rapidement réévalué les risques liés à une prolongation du conflit et à ses conséquences sur la croissance régionale.
- Japon : les indices ont affiché de fortes baisses après les gains enregistrés début février suite à la victoire politique locale ; le Nikkei a chuté de plus de 3,6 % et le Topix d’environ 3,7 %, avec des valeurs technologiques particulièrement touchées.
- Corée du Sud : le Kospi a subi l’un de ses replis les plus sévères en peu de temps, perdant plus de 12 % après une forte baisse la veille ; les échanges ont même été suspendus temporairement en raison de l’ampleur du mouvement.
- Taïwan : l’indice Taiex a reculé d’environ 4,4 %.
- Chine et Hong Kong : les indices domestiques ont également cédé du terrain, le Hang Seng reculant de plus de 2 % et le CSI 300 de l’ordre de 1 à 2 %.
Dans ce contexte, les secteurs cycliques et les valeurs sensibles aux coûts énergétiques ont été particulièrement vulnérables, alors que la prime de risque géopolitique pèse sur la prise de risque des investisseurs.