À l’issue d’une réunion publique organisée le 7 janvier, les services de l’État estiment désormais nécessaire que les habitants du bâtiment situé 12 rue du Stade quittent les lieux dans les meilleurs délais, et au plus tard à l’été 2026. Cette décision s’inscrit dans un dossier ancien et juridiquement complexe. La pollution, mise en évidence en 2019, est localisée autour d’un ancien site industriel exploité entre 1959 et 2010 par les sociétés DASI et Mercier, dont les ayants droit ont été identifiés.
Depuis plusieurs années, de nombreux arrêtés préfectoraux imposent la réalisation d’études environnementales et sanitaires, en vue d’une réhabilitation du site. Mais plusieurs contentieux administratifs en cours ont retardé l’aboutissement des investigations. Le bâtiment concerné se situe sur l’un des points de pollution identifiés. Des mesures de qualité de l’air intérieur réalisées entre 2020 et 2023 ont mis en évidence la présence de tétrachloroéthylène (PCE) et de trichloroéthylène (TCE), des substances liées aux activités industrielles passées. Or, à la publication, le 15 octobre dernier, d’un avis du Haut Conseil de la santé publique, les valeurs sanitaires de référence du PCE ont été abaissées.
À la lumière de ces nouveaux seuils, les concentrations mesurées dans le bâtiment dépassent désormais les niveaux jugés acceptables. Selon l’État, ces dépassements imposent un retour sous les valeurs sanitaires de référence dans les meilleurs délais afin de garantir la sécurité des occupants. Or, la mise en œuvre de solutions de dépollution durables nécessite de poursuivre la caractérisation des sols et du sous-sol, notamment sous l’immeuble concerné. Ces investigations, impliquant sondages lourds et carottages multiples, sont incompatibles avec une occupation des locaux et pourraient même entraîner une dégradation temporaire de la qualité de l’air intérieur.
En raison des procédures contentieuses en cours, l’État indique que ces caractérisations ne pourront, au mieux, être achevées qu’à la fin de l’année 2026, mais qu’elles constituent un préalable indispensable à toute réhabilitation efficace. Dans l’intervalle, la mise à l’abri des habitants est jugée nécessaire. Dès le mois de décembre, l’État a engagé des échanges individualisés avec l’ensemble des personnes concernées, en lien avec les partenaires compétents. Plusieurs réunions publiques ont été organisées depuis 2020 pour informer les riverains de l’évolution du dossier, et les services de l’État réaffirment leur pleine mobilisation afin de protéger la santé et l’environnement du secteur et d’agir contre les ayants droit des entreprises à l’origine de cette pollution.