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Le Prix Pulitzer est au cœur d’une vive controverse après avoir décerné une récompense à un journaliste palestinien accusé de nier le statut d’otages des victimes israéliennes lors de l’attaque du 7 octobre 2023.
Une distinction contestée pour Mosab Abu Toha
Mosab Abu Toha, poète palestinien, a été honoré par le comité Pulitzer pour ses « essais sur le carnage physique et émotionnel à Gaza ». Toutefois, cette récompense suscite une polémique majeure, notamment après que l’organisation Honest Reporting, spécialisée dans la surveillance des biais anti-Israël, a révélé plusieurs publications sur les réseaux sociaux dans lesquelles M. Abu Toha dénigre les otages israéliens.
Dans un message particulièrement controversé, il a mis en doute qu’Emily Damari, citoyenne britannique-israélienne, prise en otage et blessée lors de l’attaque de son domicile dans le kibboutz de Kfar Aza, puisse être qualifiée d’otage. Il écrivait : « Cette fille est-elle vraiment une ‘otage’ ? Cette soldate qui se trouvait près de la frontière avec une ville que son pays occupe est-elle une ‘otage’ ? »
La réaction d’Emily Damari et l’indignation
Emily Damari, libérée en janvier après plus de 500 jours de captivité, a vivement réagi à cette distinction. Sur le réseau social X, elle a accusé le Prix Pulitzer d’avoir « choisi d’élever une voix qui nie la vérité, efface les victimes et profane la mémoire des morts ». Elle a qualifié Mosab Abu Toha de « négationniste de l’Holocauste des temps modernes » et a dénoncé le comité de s’être joint à lui « dans l’ombre du déni ».
« Ce n’est pas une question politique, c’est une question d’humanité. Aujourd’hui, vous avez failli », a-t-elle ajouté, mettant en lumière la portée morale de cette controverse.
Une tendance polémique dans les choix du Pulitzer
Mosab Abu Toha n’est pas le seul journaliste controversé à avoir été primé cette année. Des critiques, notamment du site conservateur Washington Free Beacon, évoquent une « obsession avec la politique woke » au sein du comité Pulitzer. Par ailleurs, aucun des lauréats n’a abordé le déclin mental supposé de Joe Biden, ancien président américain, pourtant très commenté suite à sa campagne d’investiture avortée après une performance décevante lors d’un débat.
Robby Soave, journaliste pour The Hill, a salué la qualité des reportages de journaux comme The New York Times et le Washington Post, mais s’est étonné de l’absence totale de prix traitant du déclin cognitif de Joe Biden, une des grandes actualités de 2024 selon lui.
Critiques liées à la couverture politique
Tim Graham, rédacteur en chef du blog NewsBusters, a souligné dans une tribune l’absence totale de prix Pulitzer récompensant des enquêtes sur Joe Biden ou son administration au cours des quatre dernières années. Selon lui, le comité semble ignorer ces sujets essentiels.
Récompenses pour des enquêtes sensibles
Quatre prix ont été attribués pour des enquêtes concernant Donald Trump, notamment sur des allégations de collusion avec la Russie durant la campagne présidentielle de 2016. Par ailleurs, ProPublica a reçu un Pulitzer pour une série d’articles sur les conséquences des interdictions d’avortement dans plusieurs États américains, à la suite de l’annulation de l’arrêt Roe v. Wade.
Si le jury a salué la « couverture urgente » de ces enquêtes, le magazine conservateur National Review a dénoncé des « déformations liées au parti pris évident des auteurs en faveur du droit à l’avortement ». Il a notamment contesté que les décès de deux femmes après la prise de mifépristone fussent imputables à la législation pro-vie, arguant des dangers intrinsèques de la pilule abortive durant les sept premières semaines de grossesse.
Polémiques autour du prix décerné à Mark Warren
Le prix remis à Mark Warren, pour un article publié dans Esquire, a aussi fait scandale. Son récit, qualifié de « profondément émouvant », porte sur Bubba Copeland, pasteur baptiste et maire d’une petite ville d’Alabama, qui s’est suicidé après avoir été dénoncé pour avoir publié en ligne des photos d’enfants de la communauté et les avoir encouragés à la transition de genre.
Des critiques ont également révélé que Copeland avait partagé des images de femmes locales sur des sites pornographiques. Genevieve Cluck, fondatrice du site satirique Reductress, a fustigé le Pulitzer pour avoir ainsi honoré un « prédateur sexuel » qui exploitait des femmes et des mineurs.
Autres lauréats notables
Ann Telnaes, ancienne dessinatrice du Washington Post, a reçu un prix pour ses caricatures engagées. Elle avait démissionné suite à la censure d’un dessin ciblant Jeff Bezos, propriétaire du journal, pour sa complaisance envers Donald Trump. Le jury Pulitzer a salué son « commentaire incisif » et son « audace ».
En fiction, Percival Everett a été récompensé pour James, une relecture de Les Aventures de Huckleberry Finn du point de vue de l’esclave. Susie Ibarra a obtenu le prix de musique pour Sky Islands, une œuvre militante sur le changement climatique et la biodiversité.