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Raid sur une usine sud-coréenne et risques d’investissements

par charles
États-Unis et Corée du Sud

Un raid mené par les autorités américaines sur le chantier d’une usine Hyundai-LG en Géorgie a déclenché des inquiétudes sur les investissements et les relations économiques entre les États-Unis et la Corée du Sud. Quelque 475 personnes, dont une majorité de Sud-Coréens, ont été arrêtées le 4 septembre par le Service américain de l’immigration et des douanes (ICE) sur le site de construction dans l’État de Géorgie. Le président sud-coréen a déclaré que l’incident pourrait avoir un « impact significatif sur les décisions d’investissement futures, en particulier lors de l’évaluation de la faisabilité d’opérations directes aux Etats-Unis ». Des responsables ont indiqué que pour les entreprises sud-coréennes, les techniciens qualifiés étaient « essentiels », lors de l’installation des infrastructures, des équipements et des usines. Les échanges entre Séoul et Washington portent aussi sur le rapatriement des travailleurs et les visas, avec des positions qui évoluent.

Sud-Coréens rapatriés après le raid sur une usine Hyundai-LG
Rapatriement des travailleurs sud-coréens après le raid

À Géorgie, raid sur une usine Hyundai-LG

La descente, au cours de laquelle ces travailleurs sud-coréens avaient été enchaînés et menottés, est « déstabilisante », a souligné le chef de l’État. Le raid américain a aussi fait la Une des médias en Corée du Sud, un pays qui a promis d’investir 350 milliards de dollars aux États-Unis, après des menaces américaines sur les droits de douane. Séoul a indiqué avoir obtenu que ses ressortissants ne soient plus menottés lors de leur rapatriement.

Les salariés arrêtés ne disposaient probablement pas d’un visa les autorisant à effectuer des travaux de construction, ont relevé des experts. Le président américain Donald Trump a finalement renoncé, ce jeudi, à expulser ces professionnels mais Séoul a décidé de les rapatrier car ils sont « en état de choc », a précisé Cho Hyun, le ministre des Affaires étrangères sud-coréen. La descente et la perspective d’un rapatriement furent gérées dans un cadre où les autorités américaines et sud-coréennes se sont accordées sur la nécessité de préserver la sécurité des travailleurs et l’état de choc évoqué par Séoul.

Réactions et implications pour les investissements

Selon le récit des responsables, Séoul a expliqué que, compte tenu de l’état de choc et de l’épuisement des travailleurs, il serait préférable qu’ils rentrent d’abord chez eux, puis qu’ils reviennent plus tard aux États-Unis pour poursuivre la formation du personnel américain; la partie américaine a accepté cette position, a ajouté le ministère des Affaires étrangères sud-coréen dans un communiqué à l’AFP. L’incident a aussi été interprété comme révélant des contradictions de l’administration Trump, qui « fait venir des usines de production à grande échelle tout en négligeant de former les travailleurs locaux », selon Kim Dae-jong, professeur de commerce à l’université de Sejong.

Des analystes estiment que le dossier pourrait peser sur les décisions d’investissements futurs des entreprises sud-coréennes aux États-Unis et sur l’équilibre entre garanties juridiques et exigences opérationnelles, malgré les assurances de Séoul que les liens économiques resteront solides et que plusieurs usines sud-coréennes sont déjà implantées sur le sol américain. Selon Cho Dong-geun, professeur émérite d’économie, « ces problèmes liés à la politique migratoire américaine auraient dû être traités plus rapidement » et les entreprises sud-coréennes sont depuis longtemps conscientes des risques liés aux visas.

En pratique, les échanges se poursuivent entre les deux capitales pour clarifier les procédures et les garanties offertes aux travailleurs qualifiés, tout en rappelant l’importance des investissements sud-coréens pour l’économie américaine et les chaînes de valeur dans les secteurs automobile et électronique. Séoul affirme que les ressortissants rapatriés auront la possibilité de revenir travailler sur le sol étasunien après une période de retour chez eux pour se requalifier et former les équipes locales, dans un cadre qui cherche à préserver l’image d’un partenaire fiable dans le Pacifique. Des usines sud-coréennes restent implantées aux États‑Unis et la coordination entre les États et les acteurs économiques est présentée comme essentielle pour l’avenir.

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