Table of Contents
Le gouvernement britannique s’est engagé à recruter 6 500 enseignants supplémentaires en Angleterre d’ici la fin du mandat parlementaire, un objectif jugé difficile à atteindre par le bureau de contrôle des dépenses publiques du Royaume-Uni. Cette promesse clé, portée par la secrétaire à l’Éducation Bridget Phillipson et financée par l’ajout de la TVA aux frais des écoles privées, constitue un pilier central de la politique éducative actuelle.
Une augmentation des élèves qui dépasse les ambitions de recrutement
Un rapport publié par le National Audit Office (NAO) met en garde contre une hausse prévue du nombre d’élèves dans les écoles secondaires qui risque de dépasser les capacités de recrutement annoncées. Selon ce rapport, les écoles d’enseignement supérieur (Further Education – FE), particulièrement touchées par une crise persistante de recrutement et de rétention, auront besoin de près de 12 400 enseignants d’ici 2028-2029. Ce chiffre est presque le double de l’engagement global du gouvernement.
Par ailleurs, le nombre de nouveaux enseignants diplômés ayant commencé en 2023-2024 dans les écoles secondaires publiques a chuté à 8 700, soit le niveau le plus bas depuis 2010-2011. Le Département de l’Éducation (DfE) n’a pas atteint ses objectifs de formation d’enseignants secondaires lors de neuf des dix dernières années.
Des défis majeurs pour répondre à la demande croissante
Avec un pic attendu des effectifs dans les écoles secondaires en 2028, le NAO appelle le gouvernement à publier un plan détaillé exposant comment il compte recruter ces 6 500 enseignants supplémentaires dans les délais impartis. Le rapport insiste également sur la nécessité d’évaluer si le modèle actuel de la main-d’œuvre dans l’enseignement supérieur est adapté aux besoins.
Geoffrey Clifton-Brown, président du comité des comptes publics, souligne que même si l’objectif est atteint, cela ne suffira probablement pas à combler la pénurie nationale d’enseignants face à l’augmentation constante du nombre d’élèves. Il plaide pour une approche intersectorielle innovante afin de recruter et retenir un nombre suffisant d’enseignants qualifiés, avertissant que les difficultés actuelles risquent de compromettre l’éducation et les perspectives des jeunes.
Gareth Davies, directeur du NAO, confirme que malgré les engagements gouvernementaux, les écoles secondaires et les collèges d’enseignement supérieur rencontrent des difficultés croissantes pour assurer un nombre suffisant d’enseignants.
Facteurs aggravants et solutions envisagées
Jack Worth, responsable de la main-d’œuvre scolaire à la National Foundation for Educational Research, met en garde contre un risque de non-respect de l’objectif de recrutement si aucune mesure n’est prise rapidement. Il souligne que les postes vacants non pourvus atteignent leur plus haut niveau depuis le début des enregistrements en 2010, avec des facteurs tels que la rémunération, le stress lié au comportement des élèves et la charge de travail poussant les enseignants à quitter la profession.
Il recommande des augmentations salariales correctement financées, accompagnées de mesures non financières comme la réduction de la charge de travail et la flexibilité du travail pour améliorer à la fois le recrutement et la rétention des enseignants. Toutefois, le Trésor a déjà précisé que toute hausse de salaire devra être financée à partir des budgets existants.
Réponses et engagements du gouvernement
En réponse au rapport du NAO, Bridget Phillipson a réaffirmé l’engagement du gouvernement à recruter 6 500 enseignants supplémentaires. Elle souligne que des signes positifs apparaissent déjà, avec 2 000 futurs enseignants secondaires en formation cette année, ainsi qu’une augmentation des inscriptions dans les matières STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques), considérées comme en tension. Cependant, elle reconnaît qu’il reste encore beaucoup à faire.
Suite à la revalorisation salariale de 5,5 % l’année dernière et avec un investissement de plusieurs centaines de millions d’euros, la secrétaire à l’Éducation est déterminée à redonner à l’enseignement son attractivité et son prestige.
Discrimination à l’embauche et diversité dans le recrutement
Une étude distincte menée par la Warwick Business School révèle que les hommes font face à une forme de discrimination lors des recrutements dans les établissements scolaires anglais, notamment pour les postes d’assistants pédagogiques d’entrée de gamme. En évaluant 600 CV fictifs, les chercheurs ont constaté que les candidatures masculines étaient notées en moyenne 1,2 point de pourcentage en dessous de celles des femmes, et 1,8 point de moins pour les postes d’assistant scolaire.
Dr Joshua Fullard, assistant professeur à l’école, exprime une inquiétude croissante quant au manque d’enseignants masculins, essentiels en particulier comme modèles pour les garçons. Toutefois, il met en lumière les biais persistants dans le processus de recrutement, surtout pour les postes moins qualifiés.
De son côté, le professeur Stephen Gorard, directeur du centre d’évidences pour l’éducation de l’Université de Durham, et non impliqué dans l’étude, précise que bien qu’il s’agisse d’une découverte pertinente, les résultats proviennent d’une simulation et pourraient ne pas refléter exactement la réalité des processus de recrutement.