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Chaleur et sécheresse : un automne précoce pour les arbres

Par Sara 3 min de lecture France

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Dans plusieurs régions de France, la conjonction de chaleur et sécheresse donne aux arbres un air d’automne prématuré : feuilles roussies, houppiers clairsemés et chutes précoces, des phénomènes qui, si répétés, peuvent conduire à des dépérissements forestiers, explique Nathalie Bréda, directrice de recherche à l’Inrae.

arbres desséchés au parc de Saint-Cloud
Au parc de Saint-Cloud, près de Paris, alors que la France connaît une vague de chaleur le 6 août 2022.

Effets de la chaleur et sécheresse sur la coloration et la chute des feuilles

Deux phénomènes distincts, qu’il ne faut pas mélanger, se conjuguent actuellement : le changement de couleur des feuillages, avec des colorations anormales pour la saison, et la chute prématurée des feuilles. Le terme « défoliation » regroupe ces manifestations, qui se traduisent par des paysages au feuillage roussi et des trottoirs couverts de feuilles mortes en plein été.

Selon Nathalie Bréda, directrice de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et spécialiste du fonctionnement des arbres et des dépérissements forestiers, ces signes peuvent résulter directement de la combinaison chaleur et sécheresse mais aussi d’autres causes indépendantes du climat.

Causes variées : insectes et stress hydrique

Plusieurs raisons peuvent expliquer un changement de couleur des feuilles. Certaines sont liées à des agressions biologiques : pour les marronniers présents en ville, par exemple, le fait qu’ils deviennent roux très tôt n’est pas nécessairement lié au climat, mais à un insecte. Une chenille appelée la « mineuse du marronnier » se développe à l’intérieur des feuilles et crée des galeries, qui font que ces feuilles se dessèchent.

Ce phénomène, visible et fréquent depuis plusieurs années, inquiète souvent les riverains car il donne l’impression d’un dépérissement alors qu’il peut s’agir d’un dommage localisé et récurrent dû à un ravageur. En revanche, lorsque la défoliation est généralisée et liée à des épisodes répétés de chaleur et de sécheresse, le risque pour la santé des arbres et des massifs forestiers est plus important.

Conséquences possibles et enjeux pour les forêts

La défoliation provoquée par la chaleur et la sécheresse peut rester limitée et réversible, mais si ces épisodes se répètent, ils contribuent à l’affaiblissement progressif des arbres. Nathalie Bréda souligne que des pertes répétées de feuillage sont susceptibles, à terme, de conduire à des dépérissements forestiers, un processus par lequel des arbres affaiblis deviennent plus vulnérables aux maladies, aux insectes et aux aléas.

La distinction entre une coloration liée à un ravageur et une chute de feuilles liée au stress hydrique est importante pour évaluer l’état réel d’un arbre ou d’un massif. Les observateurs — gestionnaires d’espaces verts, forestiers et riverains — sont donc invités à noter l’ampleur et la répétition des signes observés pour mieux apprécier les risques.

Points d’attention cités par les spécialistes

Les spécialistes rappellent que l’apparition précoce de couleurs automnales n’implique pas systématiquement un phénomène climatique : « pour les marronniers présents en ville par exemple, le fait qu’ils deviennent roux très tôt n’est pas lié au climat, mais à un insecte : une chenille appelée la « mineuse du marronnier » », précise l’article.

En revanche, lorsque la sécheresse s’associe à des excès de chaleur sur de vastes territoires, les symptômes peuvent être l’expression d’un stress généralisé susceptible d’engendrer des dépérissements si les épisodes se répètent.

Surveillance et observation : que regarder

Pour distinguer les causes, il convient d’observer la distribution des symptômes (localisée ou étendue), la présence d’autres signes d’agression (galeries, insectes visibles) et la répétition des épisodes sur plusieurs saisons. Ces éléments aident à déterminer s’il s’agit d’un phénomène ponctuel, d’une infestation, ou d’un stress climatique pouvant impacter durablement la végétation.

Les constats rapportés par les citoyens et les gestionnaires nourrissent la surveillance et permettent d’identifier les zones où la chaleur et la sécheresse entraînent des conséquences préoccupantes pour les arbres et les forêts.

source:https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/08/19/climat-pourquoi-chaleur-et-secheresse-donnent-aux-arbres-un-aspect-automnal-precoce_6631928_3244.html

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