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Groenland: calotte sans glace il y a 7 000 ans — risque de retour?

par Sara
Groenland, Danemark, États-Unis, Chine, Russie

Une étude récente révèle que le dôme de Prudhoe, dans le nord-ouest du Groenland, était entièrement dépourvu de glace il y a environ 7 000 ans, une période très récente à l’échelle géologique. Ce résultat met en lumière la sensibilité de la calotte groenlandaise aux fluctuations climatiques et relance les interrogations sur le risque d’une nouvelle phase de fonte à grande échelle.

Preuves et méthode

Les chercheurs ont foré jusqu’à 509 mètres de manteau neigeux au sommet du dôme de Prudhoe pour récupérer des sédiments situés directement sous la glace. Ces couches enfouies ont ensuite été datées par luminescence, une technique qui mesure la lumière émise par certaines particules lorsqu’elles sont de nouveau exposées à la lumière, permettant de déterminer la dernière fois où elles ont été au contact du soleil.

Ainsi, les analyses indiquent que ces sédiments ont été exposés à la lumière il y a près de 7 000 ans, ce qui implique que la surface était alors libre de glace.

Ce que dit le paléoclimat

Les résultats s’inscrivent dans un panorama paléoclimatique déjà documenté: durant le maximum thermique de l’Holocène, il y a environ 6 000 à 8 000 ans, certaines régions côtières du Groenland ont connu des températures supérieures d’environ trois à cinq degrés Celsius à celles d’aujourd’hui.

Des études de sédiments et de pollen ont montré, à la même époque, une expansion des végétations de type toundra et de quelques arbustes dans le sud et le sud-ouest de l’île. Toutefois, jusqu’à présent, les preuves d’un retrait aussi marqué de la glace au centre de la calotte restaient limitées.

Implications pour l’avenir

La découverte ravive les débats sur la vulnérabilité de la calotte groenlandaise face au réchauffement actuel. Plusieurs scénarios climatiques projetant des températures comparables à celles du début de l’Holocène pourraient être atteints d’ici la fin du siècle, selon certaines trajectoires d’émissions.

Concrètement, une fonte soutenue du Groenland aurait des conséquences à la fois environnementales et géopolitiques.

  • Élévation du niveau des mers, avec des impacts mondiaux sur les zones côtières.
  • Ouverture de nouvelles voies maritimes saisonnières et accès facilité à des zones jusque-là inaccessibles.
  • Potentiel d’exploitation accrue des ressources minérales et énergétiques, rendant l’île stratégique pour plusieurs États.
  • Intensification des enjeux de souveraineté et de sécurité dans l’Arctique, alors que l’activité navale et les intérêts économiques augmentent.

Enjeux géopolitiques et économiques

La réduction de la glace transforme progressivement l’Arctique en un espace plus accessible, ce qui suscite l’intérêt de puissances régionales et mondiales pour des raisons commerciales, stratégiques et d’approvisionnement en ressources. Le Groenland, par sa position et ses ressources potentielles, figure désormais au cœur de ces rivalités.

Face à ces perspectives, les scientifiques appellent à une surveillance renforcée de la calotte et à l’intégration des connaissances paléoclimatiques pour mieux anticiper les évolutions futures.

La preuve d’une calotte temporairement absente il y a 7 000 ans rappelle que le Groenland n’est pas un système stable à l’abri des variations climatiques. Ainsi, la question de la Groenland fonte des glaces se pose désormais avec une urgence renouvelée, non seulement pour les climatologues mais aussi pour les décideurs et les acteurs internationaux.

source:https://www.aljazeera.net/science/2026/1/7/%d8%ba%d8%b1%d9%8a%d9%86%d9%84%d8%a7%d9%86%d8%af-%d9%83%d8%a7%d9%86%d8%aa-%d8%ae%d8%b6%d8%b1%d8%a7%d8%a1-%d9%82%d8%a8%d9%84-%d8%b3%d8%a8%d8%b9%d8%a9-%d8%a2%d9%84%d8%a7%d9%81-%d8%b3%d9%86%d8%a9

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