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La Chine a vigoureusement démenti, lundi, les accusations américaines selon lesquelles elle aurait mené des essais nucléaires secrets, qualifiant ces allégations de « totalement infondées » et de « pur mensonge ». Pékin a accusé Washington de chercher à fournir un prétexte à la reprise d’activités d’essais nucléaires et l’a sommée de « cesser immédiatement ses comportements irresponsables ».
Les accusations portées à Genève
Les déclarations chinoises font suite aux propos tenus la semaine précédente par un responsable américain lors d’une conférence des Nations unies sur le désarmement à Genève. Selon ce responsable, la Chine aurait réalisé des essais nucléaires, notamment des essais d’une puissance explosive atteignant « des centaines de tonnes ». Il a en outre affirmé que l’armée chinoise chercherait à dissimuler ces essais en réduisant l’efficacité de la détection sismique.
Ces allégations interviennent au moment où les États-Unis proposent d’engager des pourparlers à trois avec la Russie et la Chine afin de limiter la prolifération et la course aux armements nucléaires.
La riposte de Pékin
Le ministère des Affaires étrangères chinois a rejeté ces assertions, les qualifiant de fabrication et invitant les États-Unis à renoncer à ce qu’elle considère comme une instrumentalisation du dossier nucléaire. Pékin soutient que ses capacités nucléaires restent nettement inférieures à celles des États-Unis et de la Russie, et refuse pour l’heure de s’engager automatiquement dans de nouvelles négociations multilatérales sous la pression de Washington.
Fin du traité New START et réactions internationales
Ces échanges se déroulent sur fond d’expiration récente du traité New START entre Washington et Moscou. La Russie a exprimé son regret face à la fin de cet accord et a indiqué comprendre la position de la Chine quant à son refus de participer, pour l’instant, à de futures négociations impliquant les deux grandes puissances.
Les autorités américaines insistent cependant pour que Pékin soit associé à tout nouvel arrangement contraignant sur la limitation des armes nucléaires, estimant qu’une architecture de sécurité durable doit inclure la troisième puissance nucléaire mondiale.
Antécédents et surveillance internationale
Ce n’est pas la première fois que des allégations de ce type émergent. Par le passé, des responsables américains ont menacé de reprendre des essais « sur un pied d’égalité » si d’autres puissances procédaient de même, tandis que certains responsables politiques ont critiqué l’efficacité des traités existants.
Pour sa part, l’organe international chargé de surveiller l’interdiction complète des essais nucléaires a indiqué ne pas avoir détecté d’événement correspondant aux caractéristiques d’un essai nucléaire lorsqu’une allégation similaire avait été formulée en juin 2020. Cette absence de détection alimente les débats sur la fiabilité des méthodes d’observation et sur l’interprétation des données sismiques et autres indicateurs.
Enjeux pour le désarmement et la sécurité
À court terme, ces accusations et les démentis qui y répondent compliquent la perspective d’un accord élargi incluant la Chine, la Russie et les États-Unis. Elles renforcent également les inquiétudes sur la montée des tensions et sur la possible érosion des normes internationales qui encadrent les essais nucléaires.
À la suite de ces développements, la communauté internationale est confrontée à un double défi : clarifier les faits grâce à une surveillance technique rigoureuse et relancer un dialogue politique crédible pour prévenir une nouvelle escalade autour des essais nucléaires.