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Les organisateurs de la conférence de Munich sur la sécurité ont accusé, lundi, le président américain Donald Trump de participer à la fragilisation de l’ordre mondial bâti sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale. Selon le rapport de sécurité 2026 publié à l’ouverture des travaux, les politiques de Washington sous l’administration Trump mettent en péril les règles et institutions qui ont structuré la sécurité internationale depuis 1945.
Des accusations portées dans le rapport 2026
Le rapport met en avant plusieurs mesures américaines qui, selon ses auteurs, contribuent à l’érosion de l’ordre établi. Il cite notamment l’imposition de droits de douane ciblant d’anciens alliés, un soutien jugé instable à l’Ukraine dans son conflit avec la Russie, ainsi qu’une réduction de l’aide américaine aux pays les plus pauvres.
Les rédacteurs du document estiment que l’administration a parfois ignoré des principes fondamentaux du système d’après‑guerre, notamment la protection de la sécurité régionale et l’interdiction de la menace ou de l’emploi de la force contre d’autres États. Ils mettent en garde contre un basculement vers des logiques transactionnelles et des intérêts particuliers au détriment d’un cadre coopératif et fondé sur des règles communes.
Réaction de la représentation américaine
L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’OTAN, Matthew Whitaker, a rejeté ces descriptions lors d’une séance organisée autour de la parution du rapport. Il a déclaré ne pas percevoir « un monde qui s’effondre » et a nié que l’administration Trump cherche à démanteler l’Alliance atlantique.
Selon lui, l’objectif de Washington est d’inciter les pays européens à renforcer leurs capacités et à accroître leur autonomie en matière de sécurité, plutôt que de s’en remettre exclusivement aux États‑Unis.
Des tensions au cœur des débats
La conférence, principal forum européen consacré à la défense, s’ouvre dans un climat de fortes inquiétudes liées, d’une part, à l’agressivité militaire russe et, d’autre part, à la nouvelle stratégie de sécurité défendue par la Maison‑Blanche. Ces thèmes alimentent des discussions vives entre responsables européens et américains.
L’événement a été marqué l’an dernier par la controverse suscitée par un discours virulent du sénateur JD Vance, qui avait invité les dirigeants européens à s’ouvrir à des alliances avec des formations considérées comme radicales par certains observateurs. Cette année, plusieurs personnalités américaines seront absentes : le président Trump ne participera pas et JD Vance n’est pas prévu au programme.
Parmi les intervenants attendus, la présence de personnalités politiques américaines est toujours scrutée, Marco Rubio devant notamment prendre la parole samedi. Les discussions devraient également aborder les velléités américaines autour du Groenland, territoire placé sous souveraineté danoise, qui alimentent les craintes sur l’orientation future des relations transatlantiques.