Accueil ActualitéSécurité et défenseFin du traité New START : moment critique pour la sécurité mondiale

Fin du traité New START : moment critique pour la sécurité mondiale

par Sara
États-Unis, Russie, Chine, Ukraine, Allemagne, France

La fin du traité New START est perçue comme un « moment critique » pour la paix et la sécurité internationales, a mis en garde le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, appelant Moscou et Washington à revenir immédiatement à la table des négociations. Pour la première fois depuis plus d’un demi‑siècle, a‑t‑il souligné, le monde se trouve sans contrainte juridique contraignante encadrant les arsenaux nucléaires stratégiques des deux principales puissances nucléaires.

Annonce russe et silence américain

La Russie a annoncé qu’elle n’était plus liée par le traité New START, dont la validité a pris fin jeudi, ouvrant ainsi une période d’incertitude sur le contrôle des armements nucléaires. En revanche, Washington est resté pour l’essentiel silencieux sur ses prochaines démarches, tandis que certains responsables ont indiqué attendre des annonces présidentielles.

Par ailleurs, des voix américaines ont évoqué la nécessité d’intégrer la Chine aux discussions, au regard de l’accroissement rapide de son stock nucléaire. Cette perspective complique toutefois la recherche d’un cadre multilatéral capable d’offrir des limites vérifiables et acceptées par tous.

Réactions internationales

La décision russe a suscité l’inquiétude de plusieurs capitales européennes. L’Allemagne a exprimé sa préoccupation face à l’évolution de la situation, tandis que la France a appelé les grandes puissances nucléaires à travailler de façon urgente à un système international de limitation des armements.

Plusieurs acteurs de la société civile et religieux ont également réagi : le pape a demandé d’éviter « une nouvelle course aux armements » et des organisations de lutte contre les armes nucléaires ont mis en garde contre une accélération possible des déploiements entre Washington et Moscou.

Ce que le traité New START encadrait

Signé en 2010, le traité New START constituait le dernier accord bilatéral majeur de limitation des armements entre Washington et Moscou. Il plafonnait pour chaque camp le nombre de plateformes de lancement à 800 et le nombre de têtes nucléaires stratégiques déployées à 1 550, tout en instaurant des mécanismes mutuels de vérification.

Cependant, les opérations d’inspection ont été suspendues en 2023 après l’offensive russe en Ukraine, affaiblissant déjà la portée pratique du traité avant son expiration formelle. Dès lors, la fin du texte marque une transition vers un régime nucléaire mondial moins strictement encadré.

Risques et perspectives

Sans cadre contraignant et vérifiable, les analystes redoutent la reprise d’une course aux armements nucléaires entre grandes puissances, potentiellement aggravée par l’extension des capacités nucléaires d’autres États. Les experts insistent sur la nécessité d’un nouvel accord reposant sur des limites claires et des mécanismes de vérification indépendants pour restaurer la stabilité stratégique.

En attendant, António Guterres et plusieurs gouvernements appellent à un retour rapide aux négociations pour définir un cadre alternatif qui réduise les risques et renforce la sécurité collective. Le calendrier et la composition d’un tel processus restent toutefois incertains, rendant les prochaines semaines cruciales pour l’avenir du contrôle des armements.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/2/5/%d8%a7%d9%86%d8%aa%d9%87%d8%a7%d8%a1-%d9%85%d8%b9%d8%a7%d9%87%d8%af%d8%a9-%d9%86%d9%8a%d9%88-%d8%b3%d8%aa%d8%a7%d8%b1%d8%aa-%d9%87%d9%84-%d8%a7%d9%82%d8%aa%d8%b1%d8%a8

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