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Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se sont entretenus à huis clos autour de la question iranienne, a rapporté la presse israélienne. Contrairement à leurs habituels rendez‑vous, la Maison‑Blanche a choisi d’exclure les médias, une décision qui alimente les spéculations quant à d’éventuels désaccords entre les deux dirigeants sur un futur accord avec l’Iran.
Un déplacement accompagné d’une délégation restreinte
Netanyahu s’est rendu à Washington avec une délégation volontairement réduite. Parmi les accompagnants figuraient son secrétaire militaire, Roman Gofman, et le chef par intérim du Conseil de sécurité nationale, Gil Reich. Sa femme, Sarah Netanyahu, n’a pas participé au voyage.
Ce choix de limiter les participants vise vraisemblablement à concentrer les discussions sur des points sensibles sans disperser le débat. De fait, la discrétion affichée contraste avec la visibilité habituelle des rencontres bilatérales entre les deux alliés.
Pressions régionales et influence des médiateurs
Selon des responsables israéliens cités par la presse, Israël subit des pressions importantes de plusieurs pays arabes visant à éviter une confrontation militaire avec l’Iran. Parallèlement, des émissaires américains, dont Steve Witkof et Jared Kushner, multiplient les interventions diplomatiques pour désamorcer les tensions.
Ces interactions extérieures, ajoutent les mêmes sources, incluent aussi d’autres acteurs régionaux. Leur combinaison inquiète Jérusalem, qui redoute qu’un éventuel accord reflète davantage les compromis internationaux que les intérêts israéliens.
Les craintes israéliennes : un accord limité
Un des principaux sujets d’alerte pour Israël est la crainte qu’un accord se limite strictement au volet nucléaire sans garantir un contrôle et une supervision robustes. En particulier, les responsables israéliens mettent en garde contre un texte jugé trop « léger » qui n’empêcherait pas l’Iran de conserver des capacités sensibles.
Par ailleurs, Israël insiste pour que toute solution prive l’Iran du droit d’enrichir l’uranium de manière significative, prévoie l’évacuation de l’uranium enrichi présent sur son territoire et rétablisse des mécanismes de contrôle efficaces.
Lignes rouges revendiquées par Jérusalem
Netanyahu a exprimé son souhait d’établir clairement les « lignes rouges » israéliennes lors de son entretien avec Trump. Celles‑ci comprennent l’élimination du droit d’enrichissement iranien et la remise en place d’une surveillance internationale stricte.
- Interdiction de l’enrichissement d’uranium à des fins militaires;
- Retrait de l’uranium hautement enrichi hors du territoire iranien;
- Restauration et renforcement des inspections et des mécanismes de contrôle.
La menace balistique au cœur des débats
Outre le nucléaire, la question des programmes de missiles balistiques iraniens figure en bonne place dans les préoccupations israéliennes. Tel qu’exprimé par des responsables, ces capacités constituent une menace directe autant pour Israël que pour des pays européens, et selon eux, ne bénéficient pas d’une attention suffisante de la part américaine.
Ainsi, Israël sollicite des garanties de limitation des activités balistiques et des mesures susceptibles d’empêcher l’accroissement d’un potentiel de frappe à grande échelle.
Négociations parallèles et tensions croissantes
La rencontre survient alors que des pourparlers indirects entre Washington et Téhéran ont eu lieu récemment à Mascate. Ces échanges, qualifiés par le président Trump de « très bons », doivent selon lui se poursuivre sous peu, sans calendrier précis annoncé.
Dans le même temps, la tension s’accentue sur le terrain : les autorités iraniennes accusent les États‑Unis et Israël de chercher des prétextes pour une intervention militaire et menacent de répondre à toute agression, même limitée. Téhéran maintient qu’elle exigera la levée des sanctions en échange de restrictions sur son programme nucléaire.
Positions opposées sur l’enrichissement
Sur le fond, l’écart reste considérable. L’administration américaine plaide pour l’arrêt complet des activités d’enrichissement d’uranium et la sortie du stock d’uranium hautement enrichi hors d’Iran. À l’inverse, Téhéran considère les sanctions comme le principal levier à faire sauter en contrepartie de toute limitation de son programme nucléaire.
Ce décalage persistant nourrit l’inquiétude israélienne et explique la volonté de Netanyahu d’obtenir des assurances claires lors de son entretien privé avec Trump.