Accueil ActualitéSécurité et défenseUn juge bloque la sanction du Pentagone contre le sénateur Mark Kelly

Un juge bloque la sanction du Pentagone contre le sénateur Mark Kelly

par Sara
États-Unis, Venezuela

Un juge fédéral a temporairement bloqué, jeudi, la tentative du Pentagone de sanctionner le sénateur démocrate Mark Kelly après la diffusion d’une vidéo dans laquelle il appelait, aux côtés de plusieurs députés, les militaires et les services de renseignement à refuser l’exécution d’ordres illégaux.

Motifs de la décision

Dans son ordonnance, le juge Richard Leon estime que les autorités poursuivies ont « violé les droits » de Mark Kelly protégés par le Premier amendement et menacé les libertés constitutionnelles de « millions » de militaires retraités. Il ajoute que la plainte du sénateur a de fortes chances de l’emporter sur le fond.

La suspension vise notamment une lettre de blâme figurant dans le dossier administratif de Kelly ainsi que toute tentative éventuelle de réduire son grade au moment de son départ à la retraite et, par conséquent, de diminuer sa pension. Le juge a jugé ces mesures potentiellement illégales et inconstitutionnelles.

Les personnes mises en cause

La plainte déposée par Mark Kelly cible le secrétaire à l’Armée Pete Hegseth, le Pentagone dans son ensemble, ainsi que le secrétaire à la Marine John Villan, en les accusant d’actions « contraires à plusieurs garanties constitutionnelles » et dépourvues de fondement juridique.

Par ailleurs, la décision survient après un revers pour l’administration Trump cette semaine, lorsque des jurés fédéraux ont rejeté des tentatives du ministère de la Justice visant à poursuivre certains députés impliqués dans la même controverse.

Réactions et contexte

Mark Kelly, ancien officier de la Marine et astronaute, a salué la décision, estimant que la cour a confirmé qu’il était inconstitutionnel de le punir pour ses propos. Dans l’enregistrement paru en novembre, Kelly et plusieurs élus avertissaient que l’administration mettait en opposition les responsables militaires et du renseignement avec les citoyens, et affirmaient que la menace au contrat démocratique pouvait aussi venir « de l’intérieur ».

Les parlementaires n’ont pas précisé quels ordres ils avaient en tête, mais ont insisté sur le droit des militaires à refuser des directives contraires au droit. Cette prise de position intervient alors que l’utilisation des forces américaines, tant sur le territoire national qu’à l’étranger, a suscité de vifs débats.

Déploiements et opérations contestés

Sur le plan intérieur, l’administration a ordonné le déploiement de la Garde nationale dans plusieurs villes, une mesure contestée devant les tribunaux par des responsables locaux qui dénonçaient une ingérence. Washington a justifié ces opérations au nom de la sécurité et de la lutte contre la criminalité.

À l’international, l’exécutif a autorisé des frappes visant des embarcations soupçonnées de trafic de stupéfiants dans les Caraïbes et l’est de l’océan Pacifique, des opérations qui auraient fait, selon certains rapports, au moins 130 morts depuis le début de septembre. De plus, des forces ont été déployées au Venezuela le mois dernier, entraînant l’arrestation de l’ancien président Nicolás Maduro et son transfert aux États-Unis pour y être jugé, d’après les autorités.

La décision du juge Richard Leon suspend pour l’instant les mesures disciplinaires envisagées, mais l’affaire devrait encore évoluer au fil des procédures judiciaires à venir.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/2/13/%d8%a3%d9%85%d8%b1%d9%8a%d9%83%d8%a7-2

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