Home ActualitéSécurité et défenseUnité 641 de l’armée israélienne accusée de vol en Palestine

Unité 641 de l’armée israélienne accusée de vol en Palestine

by Sara
Israël, Palestine

L’unité 641 de l’armée israélienne, rattachée à la direction de la technologie et de la logistique, est au cœur d’accusations selon lesquelles elle aurait saisi et détourné des sommes importantes et des objets de valeur appartenant à des Palestiniens lors d’opérations en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Créée dans les années 1970 pour récupérer et exploiter des biens et des documents sur les théâtres d’opération, cette unité est présentée par l’armée comme spécialisée dans la collecte de « butin » utile aux services de renseignement. Les Palestiniens, eux, parlent de vols et de pillages de domiciles et de commerces pendant les incursions militaires.

Origines et création

L’idée de recueillir les biens et documents laissés par l’ennemi (concept hébraïque de shalal) est ancienne et s’appuie sur des traditions militaires et historiques. Officiellement, l’unité de collecte technique et de renseignements a été créée le 24 octobre 1976.

Elle a été fondée sous l’impulsion du colonel Simcha Biberman et d’un officier des opérations, Tzvi Amitai, et rattachée à la compagnie de renseignement « Hatzof » après des études tirant les leçons de la guerre d’octobre 1973.

En 2018, l’armée a d’abord transféré ses missions aux forces terrestres, mais a rapidement réactivé l’unité au début d’octobre 2023, au plus fort des affrontements qui ont suivi l’attaque du 7 octobre.

Unité de collecte de biens de l'armée israélienne

Objectifs et spécialisations

Le mandat principal de l’unité consiste à récupérer, documenter et acheminer vers les services de renseignement et de recherche les biens, armes et documents trouvés sur le terrain.

Ses missions se déclinent ainsi :

  • Collecte et classement des biens saisis lors des combats ou immédiatement après.
  • Évaluation et analyse d’objets et de documents pour en extraire des renseignements.
  • Réemploi éventuel d’équipements utilisables (munitions, matériel technique).
  • Inventaire, comptabilisation et transfert des sommes et métaux précieux aux services financiers de l’armée.
  • Traduction des documents saisis en hébreu pour exploitation.
  • Désactivation ou destruction d’équipements ennemis superflus.

Intérieur de l'unité de collecte de biens

Mode de fonctionnement

Les équipes se rendent sur le lieu des opérations, récupèrent les biens et procèdent à un inventaire détaillé. Chaque item est catalogué, photographié et stocké dans des entrepôts sécurisés.

Les documents font l’objet d’un travail de lecture et d’analyse par des spécialistes pour extraire des informations exploitables par les services de renseignement.

Les équipements militaires récupérés sont soit réaffectés, soit vendus ou recyclés selon les besoins opérationnels. Les sommes d’argent et lingots d’or sont comptés, convoyés vers le service de la trésorerie militaire, puis transférés à la banque centrale pour confiscation.

Implantation et personnel

Le siège central se situe sur la base de Tzrifin, près de Rishon LeZion, au sud de la grande agglomération de Tel-Aviv. L’unité compte plusieurs antennes réparties du nord au sud du pays.

Un des sites, la base dite « Gols », est dédié au traitement des armes saisies, affichant la précaution nécessaire face aux engins susceptibles d’exploser, comme des roquettes portables ou des charges explosives improvisées.

L’unité repose majoritairement sur des réservistes : environ 500 soldats issus de profils variés (renseignement, ingénierie, logistique).

Drone saisi que l'unité affirme avoir récupéré

Principales opérations et affirmations de saisies

L’unité a participé à de nombreuses opérations israéliennes depuis la fin des années 1970, en Cisjordanie, au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Parmi les interventions signalées :

  • Liban et Syrie : participation à l’opération du Litani (1978), à la guerre de 1982 et aux conflits ultérieurs. L’unité revendique la saisie de cartes d’artillerie, d’armes, d’équipements de vision nocturne et de nombreux véhicules et dispositifs.
  • Gaza : implication lors de l’offensive de l’été 2014 et lors de la campagne d’octobre 2023. L’unité affirme y avoir collecté armes, matériels techniques, ordinateurs, téléphones et cartes de tunnels.
  • Cisjordanie : participation à l’opération « Rempart » en mars 2002, avec des saisies de documents et d’armes attribués à des factions palestiniennes.

Munitions que l'unité affirme avoir récupérées

Accusations de vol et réponses

Des Palestiniens accusent l’armée de voler des fonds et des biens personnels lors des incursions, en particulier dans la bande de Gaza. L’armée rejette l’accusation de vol généralisé et affirme qu’elle saisit des biens appartenant aux groupes armés.

Selon un rapport publié fin février 2025 dans la presse israélienne, l’armée a enregistré des cas où des soldats se seraient approprié des biens appartenant à des Palestiniens, mais ces incidents auraient été individuels.

Le même article mentionne que l’armée craint la propagation de ces comportements et que la police militaire procède à des contrôles systématiques des caisses et cartons quittant les bases où sont entreposés les biens saisis.

Par ailleurs, la presse israélienne avance un bilan chiffré impressionnant : environ 180 000 pièces d’armement, ainsi que des montants en espèces et des lingots d’or évalués à plusieurs dizaines de millions de dollars, auraient été recueillis par l’unité depuis le déclenchement des combats d’octobre 2023.

Vélos que l'unité a affirmé avoir retrouvés

Points à retenir

  • L’unité 641, spécialisée dans la collecte et l’exploitation des biens saisis en zone de conflit, existe depuis 1976 et reste active lors des opérations extérieures.
  • Ses missions mêlent exploitation de renseignement, réemploi matériel et gestion financière des biens saisis.
  • Des voix palestiniennes et des médias israéliens ont soulevé des accusations de vols individuels, entraînant des inspections et des contrôles internes.
  • Les chiffres avancés sur le volume des saisies depuis octobre 2023 sont considérables et suscitent débats et interrogations quant à leur traçabilité et leur utilisation.
source:https://www.aljazeera.net/encyclopedia/2025/8/28/%d8%ac%d9%85%d8%b9-%d8%a7%d9%84%d8%ba%d9%86%d8%a7%d8%a6%d9%85-%d9%88%d8%ad%d8%af%d8%a9-%d8%a8%d8%a7%d9%84%d8%ac%d9%8a%d8%b4-%d8%a7%d9%84%d8%a5%d8%b3%d8%b1%d8%a7%d8%a6%d9%8a%d9%84%d9%8a

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