Home ActualitésociétéL’éthique de l’immuabilité : une révolution morale avec Bitcoin

L’éthique de l’immuabilité : une révolution morale avec Bitcoin

by Sara
France

L’éthique, immutabilité, Bitcoin, liberté, Satoshi Nakamoto forment le point de départ d’une réflexion sur ce que signifie « réparer » le monde : l’auteur soutient que la révolution commence par l’amélioration de soi, et que collectivement, en tant qu’acteurs d’un réseau mondial décentralisé, nous incarnons ce changement.

L’héritage d’immuabilité de Satoshi Nakamoto : éthique, immutabilité, Bitcoin et liberté

Bitcoin a été conçu pour être décentralisé, résistant à la censure, open source et inconfisquable — des caractéristiques qui le distinguent des infrastructures bancaires traditionnelles. Son architecture empêche une autorité centrale de saisir des fonds ou de bloquer des transactions ; sa nature transparente et sans permission permet à chacun de participer sans approbation d’intermédiaires. Ces attributs ont conduit beaucoup à voir Bitcoin non seulement comme une nouvelle forme de monnaie, mais comme un instrument de liberté à l’ère numérique.

La démarche de Satoshi Nakamoto illustre cette logique : en se retirant et en restant anonyme, le créateur a laissé Bitcoin appartenir à sa communauté plutôt qu’à une figure centrale. Le fait que Satoshi n’ait jamais converti ses bitcoins — estimés à environ 1 million de BTC minés au début du réseau — et que ces unités restent immobiles sur la blockchain constitue un symbole puissant. En ne cherchant ni richesse ni célébrité, Satoshi a offert un exemple d’intégrité et de foi dans la vision du projet.

“I am not Dorian Nakamoto.”

La décision de s’effacer et de renoncer à un avantage personnel a contribué à poser des valeurs fondatrices : décentralisation, participation ouverte, neutralité et priorité des principes sur le gain individuel. Ces pièces immobiles sur le grand livre public sont devenues, presque comme des reliques, le rappel matériel que l’inventeur n’a pas cherché l’enrichissement personnel et que la propriété du réseau appartient à ses usagers.

Philosophie de la liberté et réciprocité

La question de la liberté dans un cadre social a été explorée par des penseurs comme Simone de Beauvoir, qui soutient que la liberté est une condition partagée et interdépendante. Dans cette optique, la liberté d’un individu se renforce quand celle des autres se développe ; elle se restreint quand d’autres sont opprimés. Cette logique de réciprocité trouve un écho dans l’architecture de Bitcoin : plus le réseau est adopté, plus il devient difficile pour une autorité singulière de censurer ou d’exclure.

“Cypherpunk code empowers individuals. But, with money, writing code is not enough. For money is, as we’ve seen, a network good. Bitcoin isn’t DIY money – do it yourself. It is, DIT – do it together. Using bitcoin means joining users in supporting resistance money for those who need it, with or without permission or cooperation of authorities.”

Des exemples concrets illustrent cette solidarité technique : Bitcoin a permis, dans certains contextes, de contourner des contrôles des capitaux ou des gels bancaires, d’aider des dissidents, des journalistes et des citoyens confrontés à l’hyperinflation ou à la fermeture des canaux traditionnels. Lors de la guerre Russie‑Ukraine en 2022, des donations en bitcoin ont été envoyées directement vers l’Ukraine quand les voies classiques étaient contraintes ; des plateformes et des communautés ont aussi aidé des réfugiés et des travailleurs migrants à conserver et transférer des actifs quand le système bancaire les excluait.

L’éthique de l’immuabilité : responsabilité, identité et appel à l’action

Blockchain Bitcoin immutabilité du registre

L’un des traits techniques essentiels de Bitcoin est l’immuabilité de son grand livre : une fois confirmée et ajoutée à la chaîne, une transaction devient pratiquement inviolable. Cette permanence fournit une métaphore riche pour penser la vie, l’héritage et la responsabilité morale : si nos choix étaient encodés comme des transactions immuables, serions‑nous fiers du registre laissé derrière nous ?

Les courants philosophiques se répartissent sur la nature du soi. Jean‑Paul Sartre affirmait que « l’existence précède l’essence » : l’être humain se crée par ses choix et assume la responsabilité de ses actes. John Locke, pour sa part, a fait valoir que la conscience continue — la mémoire de ses actions — constitue l’identité personnelle.

“If consciousness can actually be transferred from one soul to another, then a person can persist, despite a change in the soul to which her consciousness is annexed.”

Appliquée au registre immuable, cette réflexion suggère une éthique de la responsabilité et de la transparence : vivre de telle sorte que l’« horodatage » de nos actions reflète l’intégrité que nous souhaitons laisser. L’immuabilité technologique interpelle ainsi le devoir d’agir honnêtement, non pas parce que tout est observé, mais parce que nos actions font désormais partie d’une mémoire collective durable.

De l’idée à l’action

La traduction pratique de cette éthique passe par des engagements concrets : protéger et promouvoir la liberté d’autrui, défendre la vie privée et l’encryption, éduquer au sujet de la souveraineté financière et développer des outils résilients. Simone de Beauvoir appelait à une « concrète implication » pour aider les autres à s’affranchir ; aligner cet impératif avec l’esprit de Bitcoin conduit à des initiatives variées — contributions à des projets open source, actions éducatives, soutien aux victimes de censure financière ou aux communautés exclues.

Des acteurs cités dans le mouvement incarnent déjà ces engagements : des éducateurs en Afrique, des créateurs d’économies circulaires locales, des défenseurs de la vie privée et des promoteurs des droits humains qui utilisent Bitcoin comme outil de solidarité. Leur travail illustre ce que signifie bâtir un héritage par l’action plutôt que par l’accumulation isolée de richesse.

En pratique, cela peut se traduire par des gestes quotidiens : soutenir des lois protégeant la vie privée, enseigner la sécurité financière à un voisin, résister à la tentation de censurer ou discriminer, et concevoir des technologies qui résistent à la coercition. Ces actions sont autant de blocs écrits sur le registre de notre époque.

“Am I really working for the liberation of men? Isn’t this end contested by the means I use to attain it?”

La création de Bitcoin par une personne anonyme qui n’a pas cherché la richesse ou le pouvoir est un geste vers la liberté. Pour que la communauté conserve cette portée éthique, elle doit agir sans se réduire à un dogme ou une tribu exclusive. Bitcoin est significatif éthiquement seulement s’il sert d’abord la liberté de ceux qui en ont le plus besoin. L’immuabilité du registre nous invite à vivre intentionnellement, à défendre et étendre la liberté de tous, et à considérer que la prochaine page de notre histoire collective sera écrite par ce que nous choisissons de faire maintenant.

Éthique | Immutabilité | Bitcoin | Liberté | Satoshi Nakamoto | Blockchain | Responsabilité | France
source:https://bitcoinmagazine.com/culture/the-ethics-of-immutability

You may also like

Leave a Comment