Depuis le 1er septembre 2026, deux règles de retraite liées aux enfants évoluent pour certaines mères. La première joue sur la période de revenus retenue pour calculer la pension de base. La seconde peut compter dans l’accès à un départ anticipé au titre d’une carrière longue. Elles ne produisent pas le même effet et ne suffisent pas, à elles seules, à déterminer le droit d’une personne.
Deux leviers distincts dans le calcul de la retraite
Les nouvelles règles ne modifient pas un seul curseur. Elles touchent d’une part au revenu annuel moyen utilisé pour calculer certaines pensions et, d’autre part, à la durée réputée cotisée examinée pour un départ anticipé pour carrière longue. Il est donc possible d’être concernée par l’un de ces mécanismes sans l’être automatiquement par l’autre.
Le salaire annuel moyen d’un côté
Dans les régimes où la pension est calculée à partir des meilleures années de revenus, la règle générale reposait jusqu’ici sur 25 années. À partir du 1er septembre, ce nombre est réduit pour les assurées qui bénéficient d’une bonification ou d’une majoration de durée d’assurance au titre des enfants : 24 années sont retenues pour un enfant, 23 années pour au moins deux enfants.
La durée réputée cotisée de l’autre
La carrière longue répond à une logique différente. Elle vise un départ avant l’âge légal lorsque les conditions prévues sont réunies, notamment en matière de durée d’assurance. Les droits liés aux enfants peuvent désormais entrer dans la période réputée cotisée prise en compte pour ce dispositif. Ce point peut peser dans l’examen d’un dossier, mais il ne remplace pas les autres critères d’accès à la carrière longue.
24 ou 23 meilleures années au lieu de 25
Un changement lié aux majorations et bonifications pour enfant
Réduire le nombre d’années retenues revient à écarter une année supplémentaire parmi les revenus les moins favorables de la carrière. Pour une mère ayant obtenu une majoration ou une bonification au titre d’un enfant, le calcul peut ainsi être fondé sur ses 24 meilleures années. Avec au moins deux enfants ouvrant droit à cette prise en compte, il peut l’être sur les 23 meilleures années.
La réduction à 24 ou 23 années concerne les régimes qui calculent la pension sur les meilleures années de revenu. Service-Public cite, pour cette règle de calcul, le régime général, la Mutualité sociale agricole et le régime social des indépendants. Les autres régimes mentionnés par le site officiel sont concernés par tout ou partie des modifications liées aux enfants, mais leurs propres règles restent déterminantes pour établir la pension.
Pourquoi le résultat n’est pas identique pour toutes
La réduction du nombre d’années ne constitue pas une hausse forfaitaire. Son effet dépend de la succession des salaires enregistrés, des périodes d’activité, des interruptions de carrière et des droits déjà reconnus. Elle peut améliorer le revenu de référence lorsque des années moins rémunérées sortent du calcul, sans qu’il soit possible d’en déduire un gain précis sans les données individuelles de la carrière.
Les trimestres liés aux enfants et la carrière longue
Ce qui peut entrer dans la durée retenue
Le second changement porte sur les trimestres attribués au titre des enfants. L’Assurance retraite indique que deux trimestres liés à la maternité, à l’éducation ou à l’adoption peuvent être pris en compte à partir du 1er septembre 2026 pour un départ anticipé pour carrière longue. Cette évolution répond à la différence entre des droits familiaux existants et leur prise en compte dans le calcul de la durée requise pour ce départ anticipé.
Un dispositif qui ne remplace pas les autres conditions
Ces trimestres ne valent pas un droit automatique à partir plus tôt. La carrière longue reste soumise à ses propres conditions, qui sont examinées avec l’ensemble du parcours. L’année de naissance, les périodes validées, les périodes reconnues comme cotisées et le régime d’affiliation font partie des éléments qui peuvent modifier l’analyse. La règle applicable doit donc être vérifiée à partir du relevé individuel, et non déduite du seul nombre d’enfants.
Vérifier son relevé et sa situation auprès de sa caisse
Pour savoir si les nouvelles règles s’appliquent à son cas, la première étape consiste à consulter son compte retraite et son relevé de carrière. Il permet de vérifier les périodes enregistrées et les droits liés aux enfants. À l’approche d’un départ, une simulation peut aider à préparer l’échange, mais elle ne remplace pas l’instruction du dossier.
En cas de question sur une date de départ, des trimestres manquants ou le calcul d’une pension, il faut contacter sa caisse de retraite ou utiliser les canaux officiels de son compte personnel. Seule cette vérification permet d’obtenir une réponse adaptée à sa situation.