Thierry Breton, économie, géopolitique, droits de douane, France : l’ancien commissaire européen et ancien ministre revient sur les conséquences internationales des nouveaux droits de douane américains et sur les tensions budgétaires et politiques qui agitent la rentrée en France.
Thierry Breton : droits de douane, bascule économique et répercussions
Lors de l’entretien, Thierry Breton a abordé la mesure entrée en vigueur « depuis hier matin » : des droits de douane sur les petits colis arrivant aux États‑Unis. Vingt‑cinq pays, dont la France, ont décidé de suspendre leurs livraisons vers les États‑Unis en raison des incertitudes créées par cette décision. Le président américain a, selon le reportage, menacé de représailles les pays taxant la « Big Tech », se disant même prêt à imposer des droits de douane supplémentaires aux pays qui s’attaqueraient aux géants américains du numérique.
Le reportage rappelle que la négociation entre Washington et l’Europe a culminé fin juillet avec une rencontre en Écosse entre Ursula von der Leyen et Donald Trump, qualifiée dans le texte de bascule vers « un nouvel ordre économique ». Selon ce qui a été rendu public, les produits européens exportés vers les États‑Unis seront désormais taxés à 15 %. Le régime de faveur n’a pas été accordé aux vins et spiritueux, au grand dam des producteurs italiens et français.
Sur le terrain, les premières conséquences économiques se font sentir. Le reportage nous emmène près de Bordeaux, au château du Taillan, où Armelle Cruse dirige la propriété familiale depuis une trentaine d’années. Elle témoigne des inquiétudes des viticulteurs face à la hausse des coûts d’exportation et à la perte potentielle de débouchés américains.
La chronique internationale évoque aussi la Chine : à partir de lundi, entreprises et salariés devront payer des cotisations sociales après une décision de la plus haute juridiction chinoise rendant illégale toute entente visant à éviter ces cotisations. Cette décision suscite « de vives inquiétudes quant à l’emploi et à la survie des petites entreprises », rappelle l’envoi spécial Sébastien Berriot.
Enfin, dans la rubrique culturelle, Christian Chavagneux d’Alternatives Économiques propose deux recommandations pour mieux comprendre l’économie contemporaine : Collaborations. Enquête sur l’extrême droite et les milieux d’affaire de Laurent Mauduit (éditions La Découverte) et Une histoire économique et sociale : La France de la Préhistoire à nos jours, dirigée par Pierre‑Cyrille Hautcoeur et Catherine Virlouvet (éditions Passé‑composé).
Budget 2026 et crise politique en France : débats et enjeux financiers
Le débat de la rentrée s’est cristallisé autour du projet de budget 2026 présenté par François Bayrou, qui comporte 44 milliards d’euros d’économies. Un peu plus d’un mois après une première conférence de presse, le Premier ministre s’est de nouveau exprimé devant les journalistes le lundi 25 août. Il a déclaré : « Notre pays est en danger parce que nous sommes au bord du surendettement ». Face à ce « danger immédiat qui pèse sur nous », il a insisté sur la nécessité de trancher la « question centrale » de « la maîtrise de nos finances ». Le Premier ministre a annoncé qu’il engagerait le 8 septembre la « responsabilité de son gouvernement » devant l’Assemblée nationale.
Les intervenants du débat ont relevé que l’arithmétique parlementaire n’était pas favorable au gouvernement : seules quatre formations parlementaires soutenant l’exécutif — Renaissance, Les Républicains, MoDem et Horizons — ont annoncé qu’elles voteraient la confiance. La question posée est directe : quelles seraient les conséquences économiques si le gouvernement tombait et, plus généralement, « a‑t‑on les moyens de se payer une crise politique » dans le contexte actuel ?
Pour analyser ces enjeux, le débat a réuni Anne‑Sophie Lechevallier du quotidien Libération et Béatrice Mathieu, grand reporter à l’Express. Les échanges ont porté sur l’impact des choix budgétaires sur le risque de surendettement, la crédibilité financière de la France et les effets potentiels d’une instabilité politique prolongée sur l’économie nationale et les marchés.
Les journalistes et experts ont aussi abordé le calibrage des économies annoncées et la manière dont elles s’inscrivent dans la stratégie budgétaire présentée par le gouvernement pour 2026, sans que des éléments nouveaux autres que ceux déjà rendus publics ne soient avancés lors de l’émission.