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Des représentants ukrainiens se sont rendus à Genève pour une nouvelle série de pourparlers trilatéraux visant à mettre fin au conflit avec la Russie, alors que les deux camps intensifient leurs pressions militaires sur le terrain.
Le chef d’état-major ukrainien, Kyrylo Budanov, a annoncé le départ de la délégation en publiant sur Telegram une photo le montrant devant un train, accompagné de deux membres de son équipe. Il a évoqué la nécessité de « tirer les leçons de notre histoire » et d’en tirer « les bonnes conclusions » au cours des échanges à venir.
Négociations en continuité avec les précédentes étapes
Ces discussions à Genève font suite à deux rounds de négociations organisés et facilités par les États-Unis aux Émirats arabes unis en janvier et début février. Ces rencontres avaient marqué les premiers entretiens publics directs entre Moscou et Kyiv autour d’un plan proposé par l’administration américaine précédente pour mettre fin au conflit déclenché en février 2022.
Les parties avaient qualifié les précédentes réunions de « constructives », sans toutefois obtenir de percée significative. Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a exprimé son espoir que Genève soit « sérieux, substantiel » et « utile pour tous », tout en regrettant que « parfois on a l’impression que les parties parlent de choses complètement différentes ». Il a ajouté que « les Américains reviennent souvent sur la question des concessions, et trop souvent ces concessions ne concernent que l’Ukraine, pas la Russie ».
Sujets de discorde
Au cœur des différends figure le sort à long terme du Donbas et des autres territoires orientaux aujourd’hui en grande partie occupés par la Russie. Moscou exige notamment le retrait des forces ukrainiennes du Donbas, y compris de villes fortement fortifiées aux ressources naturelles considérables, et cherche la reconnaissance internationale des territoires qu’elle a annexés unilatéralement.
En revanche, Kyiv refuse tout repli unilatéral et réclame que le conflit soit gelé le long des lignes de front actuelles. Les autorités ukrainiennes demandent également des garanties de sécurité robustes pour prévenir de futures attaques russes.
Perception publique et préparation
Selon des reportages depuis Moscou, l’opinion publique russe semble sceptique face à ce nouveau cycle de discussions, estimant que les deux premiers rounds n’ont pas apporté de réponses claires sur les questions territoriales ni sur la mise en œuvre d’un mécanisme de cessez-le-feu.
Malgré ce scepticisme, les délégations se présentent à Genève conscientes des enjeux, tandis que les actes militaires se poursuivent en parallèle.
Intensification des opérations militaires
Alors que les négociations se profilent, les deux camps ont intensifié leurs actions. Kyiv a annoncé avoir mené une large attaque de drones contre des infrastructures énergétiques dans l’ouest de la Russie.
Le gouverneur de la région de Briansk, Alexander Bogomaz, a déclaré que les forces russes avaient abattu plus de 220 drones lors d’attaques qui ont duré plus de douze heures, provoquant des coupures de chauffage temporaires pour des habitants.
Par ailleurs, le chef d’état-major russe, le général Valery Gerasimov, a affirmé que les forces russes avaient pris le contrôle de douze localités en Ukraine ce mois-ci, soit l’équivalent d’environ 200 km², et que l’offensive se poursuivait « dans toutes les directions ».
Alors que Genève doit ouvrir un nouvel espace de négociation, l’équilibre reste fragile : les enjeux territoriaux, les garanties de sécurité et la mise en œuvre d’un cessez-le-feu seront déterminants pour déterminer si ces échanges peuvent déboucher sur des avancées réelles.