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La Suisse poursuit ses négociations avec les États-Unis pour atténuer les droits de douane punitifs. Inspirée par l’accord récemment conclu entre les USA et le Royaume-Uni, la Confédération espère parvenir à un compromis favorable lors des discussions qui se tiennent à Genève.

Des concessions ciblées de la part de la Suisse
Dans le cadre du différend douanier avec les États-Unis, la Suisse souhaite faire des concessions dans trois domaines clés : les investissements, les droits de douane agricoles et l’éducation. Ces intentions ont été révélées par la présidente de la Confédération, Karin Keller-Sutter, et le ministre de l’Économie, Guy Parmelin. Les détails précis des propositions suisses restent toutefois confidentiels, tout comme les priorités de l’administration américaine.
Les discussions se poursuivront ce vendredi à Genève, avec des rencontres entre les représentants suisses et le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, ainsi que le négociateur commercial Jamieson Greer. Par ailleurs, une délégation chinoise présente sur place pour des pourparlers bilatéraux avec les États-Unis participera également à certains échanges. L’objectif est de jeter les bases d’un accord, à travers une déclaration d’intention qui pourrait conduire le Conseil fédéral à octroyer un mandat formel de négociation.
Vers un accord parmi 17 pays
Les droits de douane actuels imposent un taux de 10 % sur les produits suisses exportés vers les États-Unis. En représailles, Washington menace d’instaurer des droits réciproques pouvant atteindre 31 % sur certains produits suisses, ainsi que des tarifs de 25 % sur des produits pharmaceutiques. Bien que l’industrie pharmaceutique ait jusqu’ici été exemptée, le président américain Donald Trump a récemment évoqué la possibilité d’y appliquer aussi des taxes. Cela représenterait un impact majeur pour la Suisse, dont environ 60 % des exportations vers les États-Unis concernent ce secteur.
La Suisse bénéficie d’une fenêtre d’opportunité grâce à sa participation à un groupe de 17 pays avec lesquels les États-Unis souhaitent conclure rapidement des accords visant à réduire ces tarifs. Karin Keller-Sutter s’est montrée confiante quant à la volonté américaine de trouver une solution.
Un nouvel espoir est également venu de l’accord commercial signé un jour avant les discussions genevoises entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Celui-ci supprime les droits de douane punitifs sur les principaux secteurs commerciaux et pourrait servir de modèle pour la Suisse.
Le modèle britannique
Selon Rahul Sahgal, directeur de la Chambre de commerce suisse-américaine, l’accord entre les États-Unis et le Royaume-Uni pourrait constituer une référence, car il exclut certains secteurs essentiels à l’exportation britannique des droits de douane. Parmi ces secteurs figurent notamment l’automobile et l’acier, deux industries stratégiques.
En contrepartie, le Royaume-Uni a accepté des concessions concernant les exportations agricoles vers les États-Unis. De plus, les négociations se poursuivent au sujet du tarif général américain de 10 %, ce qui laisse entendre que ce taux pourrait également être révisé.
Il s’agit du premier accord bilatéral que Washington a conclu après avoir instauré ses droits de douane punitifs. Parallèlement à la Suisse, les États-Unis négocient aussi avec l’Union européenne, le Canada, le Mexique et l’Inde dans l’objectif de conclure des ententes similaires.
La position des agriculteurs suisses
Les entreprises suisses et les représentants des associations professionnelles ne participent pas directement aux négociations à Genève. Markus Ritter, président de l’Union suisse des paysans et député centriste, précise que le gouvernement fédéral mène actuellement les discussions et suit les évolutions de près.
Pour la Suisse, des allègements des droits de douane et des obstacles commerciaux pour certains produits agricoles pourraient être envisagés dans le cadre de cet accord.
Un enjeu diplomatique à Genève
Par ailleurs, la rencontre prévue à Genève entre délégations américaines et chinoises attire une attention internationale particulière. Il s’agit du premier entretien officiel entre les deux pays dans leur conflit commercial. Le fait que cette rencontre se déroule en Suisse est considéré comme une réussite diplomatique. En effet, la Confédération a exprimé son rôle de facilitateur en proposant d’accueillir ces discussions lors de contacts avec les autorités américaines et chinoises à Washington.
Les États-Unis ont toutefois minimisé l’importance de ces échanges dans leur communication publique. Le ministère américain des Finances a simplement indiqué que, pendant la présence de Scott Bessent en Suisse, celui-ci rencontrerait également des représentants chinois.