Accueil SantéYémen : 70% des centres de santé menacés par la baisse de fonds

Yémen : 70% des centres de santé menacés par la baisse de fonds

par Sara
Yémen, États-Unis

Le ministre yéménite de la Santé publique et de la Population, Dr Qassem Bahibah, alerte sur un effondrement imminent des services sanitaires : la part des établissements de santé hors service pourrait passer d’environ 50 % à 70 % si les financements ne sont pas remplacés. Selon lui, cette baisse dramatique du soutien extérieur menace d’aggraver les épidémies, la malnutrition et la fuite des personnels médicaux, déjà fragilisant la santé publique au Yémen.

Un secteur poussé au bord du précipice

Le ministre explique que le financement du secteur a chuté de plus de 65 % par rapport aux niveaux antérieurs, certaines bailleurs ayant supprimé leur aide totalement. En conséquence, de nombreuses installations fonctionnent avec des budgets opérationnels insuffisants, aggravés par la dépréciation de la monnaie locale et l’augmentation des coûts.

Par ailleurs, la faiblesse des ressources a réduit l’accès aux vaccinations gratuites, provoquant une recrudescence de foyers de maladies évitables par la vaccination, notamment la rougeole, la poliomyélite et la diphtérie.

Conséquences sanitaires déjà visibles

Le pays enregistre une hausse de la malnutrition et des maladies chroniques. Dr Bahibah indique que 50 % des enfants souffrent de malnutrition chronique et qu’un quart des moins de cinq ans présentent un retard de croissance.

De plus, le taux de mortalité maternelle reste élevé, à 183 décès pour 100 000 naissances vivantes. Les décès liés aux maladies chroniques comme les cancers, l’insuffisance rénale et les pathologies cardiaques augmentent également, en raison notamment de l’accès limité aux soins spécialisés.

Infrastructure et couverture des services

Avant la crise, le Yémen comptait plus de 5 000 structures de soins. Avec les financements antérieurs, environ 3 200 établissements étaient opérationnels, soit un taux de fonctionnement qui a atteint 60 % dans les meilleures périodes, puis est retombé à 50 %.

Face à la réduction des financements, le ministre redoute que la couverture tombe à 30 % et que plus de 20 % des établissements actuellement en activité cessent prochainement leurs services, accentuant le déficit d’accès aux soins sur l’ensemble du territoire.

Défis structurels et ressources humaines

Outre la baisse des fonds externes, la santé au Yémen souffre d’un manque de budgets opérationnels suffisants pour assurer la continuité des soins. La détérioration monétaire et la hausse des dépenses pèsent sur le fonctionnement quotidien des établissements.

Enfin, le secteur public enregistre une fuite des soignants vers l’étranger et vers le privé, liée à la faiblesse des incitations et à l’absence de recrutements depuis plus d’une décennie. Cette fuite des capacités humaines réduit encore la résilience du système de santé.

Rôle des partenaires internationaux

Le ministre a rappelé que l’Organisation mondiale de la Santé reste un appui technique majeur pour le Yémen et que toute faiblesse dans le système mondial de financement aura des répercussions sur les pays dépendants de ce soutien. Selon lui, l’affaiblissement des mécanismes de coopération sanitaire internationale fragilise particulièrement les systèmes déjà vulnérables.

Sans interventions alternatives rapides, la dégradation des services de santé risque d’entraîner un recul massif des indicateurs sanitaires et une aggravation de la crise humanitaire.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/2/5/%d9%88%d8%b2%d9%8a%d8%b1-%d8%a7%d9%84%d8%b5%d8%ad%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d9%8a%d9%85%d9%86%d9%8a-70-%d9%85%d9%86-%d9%85%d8%b1%d8%a7%d9%81%d9%82%d9%86%d8%a7-%d8%a7%d9%84%d8%b7%d8%a8%d9%8a%d8%a9

Cela pourrait vous intéresser

Laisser un commentaire