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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que 55 000 soldats ukrainiens ont été tués sur le champ de bataille depuis le début de l’invasion russe, ajoutant qu’un « grand nombre » de militaires sont également portés disparus. Ces propos ont été tenus dans un entretien préenregistré diffusé mercredi sur France 2, à la veille du quatrième anniversaire du conflit et alors que se tiennent des pourparlers de cessez-le-feu à Abu Dhabi.
Bilan humain et chiffres divergents
Zelensky a précisé que le chiffre de 55 000 correspond aux pertes officiellement enregistrées parmi les soldats, qu’il s’agisse de militaires professionnels ou de conscrits. Il n’a toutefois pas fourni de détail chiffré sur les personnes encore déclarées « disparues ». Ces nouvelles estimations viennent s’ajouter à des bilans antérieurs publiés par le dirigeant, qui évoquait plus de 46 000 morts militaires dans une interview en février 2025.
Parallèlement, plusieurs centres d’analyse et organismes internationaux donnent des évaluations différentes, plus larges, en incluant les blessés. Ainsi, une estimation de mi‑2025 faisait état d’environ 400 000 soldats ukrainiens tués ou blessés depuis le début de la guerre, tandis que des estimations britanniques ont placé le nombre total de pertes russes (tués et blessés) autour de 1,1 million à l’automne 2025.
Les observateurs soulignent que Kiev et Moscou publient rarement des bilans complets de leurs propres pertes et ont tendance à sous‑estimer leurs morts tout en exagérant celles de l’adversaire, compliquant l’évaluation précise du coût humain du conflit.
Victimes civiles et rapport des Nations unies
Les conséquences sur la population civile restent sévères. Selon le rapport de la mission de suivi des droits de l’homme des Nations unies pour 2025, plus de 2 500 civils ont été tués et plus de 12 000 blessés sur le territoire ukrainien, un bilan presque un tiers supérieur à celui de 2024.
Ces chiffres témoignent d’une intensification des hostilités qui touche autant les zones de combat que les infrastructures civiles, et accentuent la pression internationale en faveur d’un règlement diplomatique durable.
Négociations à Abu Dhabi et lignes de fracture
Les entretiens de paix récemment entamés à Abu Dhabi ont connu une première journée qualifiée de « productive » par la délégation ukrainienne, mais les désaccords de fond demeurent importants. Le principal point de blocage reste la demande russe d’un retrait total des forces ukrainiennes de l’ensemble du Donbass, incluant des villes fortement fortifiées que Kiev considère comme essentielles à sa défense.
De son côté, la position ukrainienne appelle à figer le conflit le long des lignes actuelles et rejette toute évacuation unilatérale de ses troupes des territoires encore contrôlés. En toile de fond subsiste également la question sensible de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, dont le statut inquiète la communauté internationale.
Positions politiques et perspectives
À Moscou, le porte‑parole du Kremlin a déclaré que la Russie poursuivra ses opérations jusqu’à ce que Kiev accepte des « décisions » susceptibles de mettre fin aux combats. À Washington, l’administration américaine intensifie ses efforts diplomatiques pour rapprocher les positions, mais il reste éloigné un compromis sur les éléments essentiels du futur accord.
Sur le terrain, les forces russes occupent aujourd’hui environ 20 % du territoire ukrainien, y compris la péninsule de Crimée et des portions de la région du Donbass prises avant 2022. Cette réalité territoriale continue de modeler les exigences des deux parties et complique toute tentative de règlement rapide.