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Jean-Pierre Thorn, cinéaste engagé, nous a quittés à 78 ans

Par Sara 2 min de lecture France

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Le monde du cinéma est en deuil. Jean-Pierre Thorn, cinéaste engagé et figure incontournable du septième art, nous a quittés à l’âge de 78 ans. Marqué par les événements de Mai 68, il a dédié sa vie à capter la réalité des usines, des ouvriers, des immigrés et de leurs enfants.

Une vie dédiée au cinéma

Jean-Pierre Thorn a laissé derrière lui un héritage riche composé d’images puissantes, de luttes sociales et d’amitiés profondes. Sa mort, survenue le 5 juillet, a provoqué une émotion profonde dans le milieu artistique. Il se battait pour une meilleure diffusion du cinéma indépendant et avait souvent un regard critique sur le monde bourgeois. La réalisatrice Alice Diop a exprimé sa tristesse : «On perd quelqu’un qui n’avait pas la reconnaissance qu’il mérite, non pas un cinéaste militant mais un cinéaste engagé au parcours, à l’œuvre et aux convictions d’une cohérence rare.»

Un parcours atypique

Né en janvier 1947 à Paris, Jean-Pierre Thorn grandit dans une famille dont le père travaillait comme cadre technique chez Air France, et la mère était assistante sociale. Cette éducation lui offrit une vision du monde empreinte de diversité, alors que la famille voyageait entre la France et l’Afrique (Côte d’Ivoire, Cameroun, Algérie). Il poursuit des études en lettres et sciences humaines à Paris, avant de se tourner vers le théâtre.

Mai 68 : un tournant décisif

Sa carrière artistique débute avec des mises en scène théâtrales, mais c’est véritablement lors des événements de Mai 68 qu’il prend un virage décisif. Engagé dans les états généraux du cinéma français, il pénètre dans les usines de Renault Flins pour réaliser le documentaire Oser lutter, oser vaincre. Cette expérience marquera un jalon dans son parcours, lui permettant de donner une voix à ceux qui sont souvent restés silencieux.

Un tournant vers l’ouvrier

Après la révolution de mai, Jean-Pierre Thorn choisit de s’éloigner des caméras, optant pour une vie d’ouvrier. Cette décision illustre son engagement envers ceux qu’il filmait, prouvant que son art ne se limitait pas à la simple création cinématographique, mais s’étendait à un désir profond de solidarité et de justice sociale.

Jean-Pierre Thorn laisse une empreinte indélébile dans le paysage cinématographique français, une histoire populaire du XXe siècle qui continuera d’inspirer les générations futures.

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