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Erika Lust : La Révolution du Porno Féministe à Barcelone

Par Sara 2 min de lecture France

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Au dernier étage de l’hôtel Hoxton, situé dans le quartier de Poblenou à Barcelone, la vue offre un panorama à 360° sur la ville, avec la Sagrada Familia illuminée par les derniers rayons du soleil. *« Regardez cette ville ! J’y suis venue étudier à 20 ans, en 1997. Je l’ai trouvée brillante, cosmopolite, je n’ai plus voulu repartir »*, s’enthousiasme Erika Lust, productrice et réalisatrice de porno féministe suédoise, qui vient de quitter son bureau, accompagnée de son mari et associé, Pablo Dobner. Une flûte de champagne à la main, elle se remémore son parcours.

Une immersion dans l’univers d’Erika Lust

Cette rencontre n’est pas une première. En réalité, la conversation a débuté la veille à la « House of Erika Lust », une exposition immersive qui met en avant l’art de la productrice. Avant d’entrer, un masque, semblable à ceux que l’on trouve dans des magasins de déguisements, nous a été remis. À l’intérieur, des scènes érotiques, inspirées de la Géode, et réservées à un public majeur, nous attendaient. Enfilant un casque de réalité virtuelle, nous avons essuyé un miroir embué pour apercevoir un couple en pleine activité sous la douche. D’où lui est venue l’idée de se lancer dans la production de films X ?

Un parcours inattendu

Elle éclate de rire. Ce n’était pas du tout son projet de carrière. Erika Lust a d’abord étudié les sciences politiques à l’université de Lund, en Suède. C’est là qu’elle a réalisé que la pornographie pouvait être un sujet d’étude. Depuis son enfance, elle a toujours été fascinée par le porno. Elle confie avoir grandi avec un *« appétit de comprendre son corps et sa sexualité »*, alors que l’éducation sexuelle était abordée uniquement sous l’angle du danger et de la reproduction, sans jamais mentionner les films érotiques.

À cette époque, sans Internet ni ordinateurs, *« il fallait vraiment chercher pour en trouver »*. Son initiation à la pornographie a commencé avec des magazines, mais c’est un événement particulier, une soirée pyjama chez une amie à l’âge de 13 ans, qui a marqué un tournant : une cassette volée dans le placard de son père. *« C’était excitant, mais pas du tout érotique comme je l’espérais. Plutôt dégoûtant et moche »*, se remémore-t-elle avec un sourire en coin.

Curiosité et déception face à la pornographie

Des années plus tard, elle se retrouve à nouveau confrontée à cette même ambivalence. *« Je me demandais si j’étais normale. Beaucoup de femmes autour de moi m’ont avoué avoir ressenti de la curiosité et de la déception. Pour les hommes, que ce soit des hétéros ou des homos, le porno était souvent vécu comme un moment de plaisir. J’étais jalouse qu’ils aient droit à cette expérience érotique. Pour moi, c’était tellement plus complexe, chargé de stigmatisation, de peur et de honte… »*, raconte-t-elle. La question se pose alors : le porno pourrait-il être fait autrement ?

Erika Lust, sur le toit de l’hôtel Hoxton, à Barcelone (Espagne), le 24 octobre 2024.

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