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Mardi 13 octobre 2026 Mis à jour à 17 h 03

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Souvenirs d’une époque révolue : l’écho de la savane et la madeleine de Proust

Par Sara 2 min de lecture France

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Un souvenir d’une époque révolue resurgit à l’évocation de L’écho des savanes, ce magazine emblématique qui faisait le bonheur des estivants, pendant que les adultes sombraient dans le sommeil. Une publication fondée par Gotlib, Brétécher et Mandryka, devenue un incontournable pour de nombreux enfants, dont je faisais partie.

Des lectures clandestines à la plage

Avec le magazine sous le bras, nous nous dirigeons vers les commodités les plus éloignées. Là, le maillot en travers des chevilles, nous nous offrons de longues plages de lecture clandestine. Au début, nous étions prudents : nous lisions l’édito en faisant nos besoins, satisfaits d’une tâche accomplie. Puis, nous passions rapidement aux bandes dessinées érotiques de Manara, Magnus et Liberatore, plongeant alors dans un univers fascinant, empreint de culpabilité.

La vigilance des jeunes lecteurs

Nous devenions alors hyper-vigilants, guettant l’arrivée du grand-père ou de la petite sœur. Chaque bruit faisait battre notre cœur. Ces moments volés, imprégnés de l’odeur particulière de la piscine, mêlée au parfum du papier d’imprimerie, imprégnaient notre lecture d’une aura légèrement défendue. Sur certaines cases, un vertige s’emparait de nous, nous laissant perplexes et légèrement irrités.

Les souvenirs de Milo Manara

Milo Manara, célèbre auteur de bande dessinée italienne, a marqué notre jeunesse par ses illustrations audacieuses. Ses œuvres nous apprenaient autant sur le plaisir que sur des thèmes plus sérieux, à l’image des leçons de politique internationale que l’on pouvait retrouver dans les SAS de Gérard de Villiers. Ce dernier, avec son héros Malko Linge, aristocrate autrichien et agent de la CIA, nous plongeait dans des intrigues où l’action et l’érotisme se mêlaient.

La perte du frisson

Aujourd’hui, cette quête de sensations frissonnantes semble révolue. Nous sommes devenus plus cyniques, et les plaisirs simples d’antan semblent dérisoires face à la profusion d’images auxquelles nous avons accès. Cependant, ces souvenirs, si simples, conservent ce goût de madeleine de Proust. Chaque fois que je passe devant l’étagère de SAS dans notre maison de vacances, une vague de nostalgie me saisit, me rappelant ces instants de lecture clandestine.

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