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Feridun Zaimoglu et le voyage émotionnel vers son père disparu

Par Sara 2 min de lecture Allemagne, Turquie

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Dans son dernier roman, Feridun Zaimoglu explore un voyage chargé d’émotions profondes, celui qui le mène vers la mémoire de son père disparu en pleine pandémie. Un récit bouleversant mêlant souvenirs, peur du voyage et quête d’identité, inscrit dans le contexte turbulent de la Turquie et de l’exil.

Un récit intime et universel

Feridun Zaimoglu, écrivain renommé et auteur primé, est lui-même issu d’une famille de travailleurs immigrés. Né en 1964 en Turquie, il arrive en Allemagne avec ses parents un an plus tard. Tandis que ses parents retournent en Turquie, lui et sa sœur grandissent en Allemagne, notamment à Kiel où il réside depuis le milieu des années 1980. Ce contexte biographique sert de toile de fond à son nouveau roman Sohn ohne Vater, qui s’ouvre sur une nouvelle aussi déchirante que réaliste : l’annonce du décès de son père, juste avant ses 90 ans, au cœur de la crise sanitaire mondiale.

La difficulté du voyage dans une période incertaine

À travers cette histoire, Zaimoglu évoque la peur presque paralysante de prendre l’avion, une peur qui va bien au-delà de la simple anxiété : « Je dois entreprendre ce voyage. Je ne peux pas voler à cause de ma grande peur. Je m’imagine mille défaillances, les moteurs qui s’arrêtent, l’avion qui s’écrase. Mon cœur se glace d’effroi. Je ne peux pas conduire non plus. La vie sans mon père me paraît insupportable. »

Cette angoisse du voyage, qui serait souvent abordée de manière métaphorique dans la littérature, devient ici une réalité brute. L’impossibilité d’assister aux funérailles, en raison de la distance entre Kiel et la Turquie ainsi que des restrictions liées à la pandémie, accentue encore le sentiment de perte et de solitude.

Entre mémoire, perte et identité

Le roman se déploie alors comme un cœur qui bat au rythme des émotions contradictoires, où se mêlent le chagrin, la culpabilité et la quête d’une réconciliation intérieure. Le retour symbolique vers le père décédé devient un voyage émotionnel intense, où Zaimoglu interroge ses racines, l’impact de l’émigration et les liens familiaux qui perdurent malgré la séparation et la mort.

Un décor chargé de sens : Edirne

Cimetière dans la ville frontalière turque d’Edirne
Cimetière dans la ville frontalière turque d’Edirne © Vikas Shetty/Unsplash

Le roman s’ancre également dans un lieu chargé d’histoire et d’émotion : un cimetière à Edirne, ville située à la frontière turque. Ce lieu symbolise le pont entre les mondes, celui de la patrie perdue et celui de la nouvelle vie en Allemagne, reflétant la dualité identitaire que traverse l’auteur et sa famille.

source:https://www.zeit.de/2025/16/sohn-ohne-vater-feridun-zaimoglu-roman-literaturpreise

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