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La Production des Bouteilles de Perrier d’un Litre Interrompue ? Les Faits Dévoilés
Depuis avril, plusieurs incidents ont perturbé la production de l’eau minérale gazeuse emblématique, Perrier. La contamination d’un puits a conduit à son arrêt provisoire, et récemment, deux autres captages ont subi des opérations de désinfection.
Une Contamination Répandue
Le groupe Nestlé, propriétaire de la marque Perrier, a qualifié ces incidents « d’opérations de maintenance régulière ». Cependant, la situation est plus complexe. Deux puits régulièrement touchés par des contaminations ont définitivement cessé de produire de l’eau destinée à Perrier. Désormais, ces sources sont employées pour une nouvelle boisson gazeuse, Maison Perrier, qui ne porte pas l’appellation d’eau minérale naturelle.
Impact sur la Production
Actuellement, la majorité des sept puits utilisés l’année dernière pour produire Perrier sont soit dédiés à cette nouvelle boisson, soit suspendus, soit totalement hors service. Cela a conduit à la suspension provisoire de la production des bouteilles d’un litre, les plus gros volumes de la marque. Cette interruption devrait durer jusqu’à la fin de l’été, selon des sources proches du dossier, ce qui pousse la marque à augmenter la production de petits formats pour rester visible en magasin durant les mois de juillet et d’août.
Réactions de Nestlé
En réponse aux préoccupations, le groupe Perrier a publié un communiqué affirmant que « la production de Perrier vert 1 litre n’est pas arrêtée » et prévoit de reprendre la production normale après la fin des opérations de maintenance et la reconstitution des stocks. Le 30 mai, une visite inopinée de l’usine a été menée par l’agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie et la direction départementale de la protection des populations (DDPP). Huit inspecteurs ont minutieusement examiné l’usine, ses forages, son laboratoire d’autosurveillance de la qualité de l’eau et les étiquettes des produits. Les résultats de cette inspection n’ont pas été rendus publics.
Précédentes Contaminations
Dès avril, le préfet du Gard avait exigé la suspension immédiate de l’exploitation du puits « Romaine VIII » en raison d’une contamination par des germes d’origine fécale, ce qui a forcé la destruction d’au moins 2,9 millions de bouteilles de Perrier. Ces bouteilles, bloquées par précaution, n’avaient jamais été commercialisées.
Un Problème Connue et Répété
Les problèmes de contamination ne sont pas nouveaux. En août 2021, Nestlé avait admis lors d’une réunion confidentielle à Bercy avoir recours à des traitements illicites pour masquer une contamination chronique de ses nappes phréatiques. Ces traitements incluaient des filtres UV, des filtres à charbon et la microfiltration. En octobre 2022, l’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentaire nationale (Anses) avait alerté sur un « niveau de confiance insuffisant » concernant la qualité sanitaire des produits finis de Perrier.
Inspection et Révélations
Les inspecteurs de l’Anses avaient noté que plusieurs forages à Vergèze étaient proches de sources potentielles de contamination et subissaient des pollutions périodiques de nature microbiologique et physicochimique. En juin 2023, le directeur de l’ARS Occitanie, Didier Jaffre, avait déjà mentionné une contamination bactériologique régulière sur au moins cinq des sept forages autorisés.
Inquiétudes pour l’Avenir de Perrier
Les révélations du Monde et de Radio France ont renforcé les préoccupations sur l’avenir de l’usine de Vergèze. Les autorités envisagent désormais le retrait des autorisations d’exploitation de Nestlé sur ce site, ce qui pourrait mettre en péril la marque Perrier. Les syndicats de l’usine ont activé leur droit d’alerte, signalant une situation susceptible de mettre en péril l’économie de l’entreprise et ses 1 000 employés. Nestlé a tenté de rassurer, affirmant continuer à investir pour protéger ce patrimoine unique et assurer son avenir.
Réactions des Consommateurs et ONG
En réponse aux révélations, l’ONG Foodwatch a critiqué le silence des autorités et s’est interrogée sur les conséquences sanitaires des désinfections et les éventuels rappels des eaux non conformes à la réglementation. Ce nouvel épisode s’ajoute à une série de déboires pour Nestlé, qui a admis publiquement en début d’année avoir utilisé des traitements interdits sur les eaux minérales pour garantir leur sécurité. Nestlé, propriétaire en France des marques Vittel, Contrex et Hépar, se trouve désormais sous une surveillance accrue alors que ses pratiques et la qualité de ses produits sont de plus en plus scrutées.