Une étude récente menée par le CHU de Brest met en lumière l’impact de la surconsommation d’écrans, non seulement sur la santé mentale, mais aussi sur la santé physique. Selon cette recherche, publiée dans la revue médicale Plos One, la réduction du temps passé devant l’écran a un effet direct sur l’activité physique. En d’autres termes, plus on se détache de son téléphone, plus on bouge.
Pour mener cette étude, près de 500 volontaires, âgés de 18 à 65 ans, ont accepté de participer au défi “Posons nos smartphones”. Ils devaient réduire d’une heure par jour leur utilisation quotidienne du téléphone, une tâche loin d’être simple. Les Français passent en moyenne 3,6 heures par jour sur leurs appareils mobiles, et cet usage intensif pèse lourdement sur leur bien-être global.
Au terme de l’étude, les résultats ont montré que 75 % des participants n’ont pas réussi à réduire leur temps d’écran, révélant à quel point l’addiction aux smartphones est ancrée. En revanche, les 25 % ayant réussi ont vu leur nombre de pas quotidiens augmenter de plus de 800 en moyenne, prouvant l’impact positif d’une diminution de l’utilisation du smartphone sur l’activité physique.
L’excès d’utilisation des écrans ne se limite pas à des effets négatifs sur la santé physique. Le Dr Yannick Guillodo, médecin du sport et co-auteur de l’étude, explique que l’usage excessif du smartphone agit comme un « nouveau facteur de risque pour la santé du XXIe siècle, encore plus dangereux que le tabac ». Il affirme que le temps passé devant les écrans perturbe les trois fondements d’une bonne santé : le sommeil, l’alimentation, et l’activité physique.
« Plus les yeux restent rivés sur l’écran, plus on mange mal, moins on dort, et moins on bouge », précise-t-il.
Cette sédentarité croissante a des effets désastreux, et le Dr Guillodo alerte sur l’urgence de réagir pour contrer cette tendance, notamment chez les jeunes, les plus exposés.
Son dernier ouvrage, Le smartphone tue, aborde cette thématique en comparant les effets néfastes des smartphones à ceux du tabac, avec un message percutant pour éveiller les consciences. Il y plaide en faveur d’une utilisation modérée et raisonnée des appareils mobiles et appelle à des campagnes de sensibilisation de grande envergure.
Pour tenter de lutter contre cette dépendance numérique, le Dr Guillodo et d’autres spécialistes de la santé suggèrent des mesures concrètes, tant à titre individuel que collectif. À un niveau personnel, il est conseillé de surveiller le temps passé sur les écrans grâce à des applications dédiées comme « Bien-être numérique » (Android) ou « Temps d’écran » (iPhone), qui permettent de restreindre l’usage des applications les plus addictives comme les réseaux sociaux ou les jeux.
Il est également recommandé de désactiver les notifications, de passer en mode avion à certains moments de la journée, ou encore de réserver des moments précis sans téléphone, comme avant de dormir ou lors des repas.
À une échelle plus large, le Dr Guillodo propose d’organiser des campagnes nationales de prévention et de sensibilisation, sur le modèle du Dry January (le mois sans alcool), pour encourager une diminution du temps d’écran, notamment chez les jeunes. Ces initiatives pourraient inclure des défis collectifs visant à réduire progressivement l’usage des smartphones, en mettant en avant les bénéfices pour la santé physique, mentale et sociale.
« Nous devons encourager des habitudes numériques plus saines afin de limiter les effets dévastateurs que cette technologie peut avoir sur les jeunes générations », conclut-il.
En attendant de voir des campagnes de ce type se généraliser, les experts insistent sur l’importance de prendre conscience, dès maintenant, des effets de l’addiction aux écrans. Le message est clair : une utilisation modérée des smartphones est essentielle pour préserver un bon équilibre de vie et prévenir des problèmes de santé à long terme.