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La régénération naturelle des écosystèmes malgré les pires conditions

by Sara
Ukraine, Corée du Nord, Corée du Sud, Royaume-Uni, Costa Rica, Mozambique, Mexique

Lorsque les scientifiques discutent des solutions face à la dégradation environnementale, l’attention se porte souvent sur ce que les humains peuvent faire pour aider la récupération. Pourtant, il existe une autre voie : la régénération naturelle, où la vie reprend ses droits même dans des conditions très difficiles.

Des preuves scientifiques croissantes montrent que les écosystèmes sont capables de se régénérer — et le font effectivement — lorsque l’on leur laisse l’espace et le temps nécessaires, et que la pression humaine diminue.

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Le pouvoir de la régénération naturelle

On parle de régénération naturelle pour désigner ce processus par lequel la nature, laissée à elle‑même, surpasse souvent les attentes humaines en matière de récupération et d’abondance.

La capacité de la nature à se renouveler n’est pas seulement une démonstration de résilience ; elle révèle aussi un potentiel étonnant de reconstruction lorsqu’on réduit les pressions anthropiques.

Des exemples concrets à travers le monde montrent que, avec un minimum d’intervention ou une gestion douce, les paysages peuvent retrouver une biodiversité et des fonctions écologiques robustes.

Récupérations spectaculaires sur terre

Plusieurs sites illustrent la régénération naturelle après des abandons ou des contraintes humaines.

  • Tchernobyl (Ukraine) : après la catastrophe nucléaire de 1986, l’évacuation humaine a transformé la zone en refuge pour la faune. En près de quarante ans, loups, bisons, lynx et cerfs ont recolonisé des forêts anciennement désertées, faisant de la région l’une des plus grandes réserves naturelles d’Europe.
  • Zone démilitarisée coréenne (DMZ) : cette bande côtoyant la frontière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, strictement contrôlée et peu fréquentée pendant environ 70 ans, a vu l’émergence d’un sanctuaire naturel. Malgré les mines et les obstacles, 5 097 espèces ont été recensées, dont 106 espèces menacées ou protégées.
  • Réserve de Knepp (Royaume‑Uni) : sur environ 15 km² dans le West Sussex, les propriétaires ont adopté une approche de non‑intervention appelée « rewilding » ou réensauvagement. En laissant paître chevaux, bovins, porcs et cerfs, la zone a retrouvé une richesses d’espèces, y compris des rares comme la palombe carénée et le papillon empereur pourpre.
  • Costa Rica : après des pertes massives de forêts au milieu du XXe siècle, le pays a mis en place des politiques incitatives (paiements pour services écosystémiques, aires protégées, soutien à l’agriculture durable). Certaines parcelles ont été laissées à la régénération naturelle tandis que d’autres ont été reboisées activement, entraînant un retour des espèces locales et une meilleure captation du carbone.
  • Parc national de Gorongosa (Mozambique) : ravagé par la guerre civile (1977‑1992) et par un braconnage intense, le parc a connu un effondrement quasi total de sa faune. Une collaboration entre une fondation privée et l’État mozambicain a favorisé la réhabilitation en supprimant pièges et filets, en limitant le braconnage et en réintroduisant progressivement les espèces clés, permettant ainsi au système de se rétablir naturellement.

Vue aérienne d'une forêt de mangroves sur le fleuve Amazone

Ces réussites montrent que l’on n’a pas toujours besoin d’une reconstruction complète : parfois, il suffit d’aménager les conditions propices et de laisser la nature suivre son cours.

Respecter les milieux marins

Les zones marines protégées offrent des preuves tout aussi convaincantes du pouvoir de la régénération naturelle.

À Cabo Pulmo (Mexique), une communauté locale a soutenu l’interdiction de la pêche en 1995. Depuis, la biomasse des poissons a augmenté de 460 %, et les récifs coralliens, autrefois dégradés, se repeuplent d’espèces variées, de tortues marines à des bancs de grands prédateurs.

Ce succès illustre comment réduire l’extraction et donner du temps aux écosystèmes marins peut aboutir à une restauration spectaculaire sans gestion artificielle intense.

Pour en savoir plus sur le concept, voir la définition de la régénération naturelle sur le site de l’UN‑REDD : https://www.un-redd.org/glossary/natural-regeneration.

Coucher de soleil dans une forêt de kuifoer trees en Namibie

Quand l’inaction devient une stratégie

La régénération naturelle ne signifie pas l’absence totale de gestion, mais souvent une intervention réduite et ciblée. Des approches comme le réensauvagement ou la « gestion douce » aident à restaurer les dynamiques écologiques sans imposer un contrôle strict.

Ce que réclame la nature, au fond, c’est du respect et du temps. Des paysages marqués par la guerre ou par l’abandon, aux territoires marins protégés, la même leçon apparaît : en laissant les systèmes fonctionner selon leurs propres conditions, ils peuvent non seulement survivre, mais prospérer.

La confiance dans la sagesse de la nature et la création de conditions favorables — diminution de la pression humaine, protection des zones clés, soutien communautaire — constituent souvent la voie la plus efficace vers une récupération durable.

source:https://www.aljazeera.net/climate/2025/8/29/%d8%a7%d9%84%d8%aa%d8%ac%d8%af%d8%af-%d8%a7%d9%84%d8%b7%d8%a8%d9%8a%d8%b9%d9%8a-%d8%b9%d9%86%d8%af%d9%85%d8%a7-%d8%aa%d8%aa%d8%b9%d8%a7%d9%81%d9%89-%d8%a7%d9%84%d9%86%d8%b8%d9%85

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