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Violences faites aux femmes: loi intégrale et actions régionales

par charles
France

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, la France voit s’accélérer les initiatives pour lutter contre ce fléau. À Paris, la députée Céline Thiébault-Martinez a dévoilé une proposition de loi « intégrale » visant à renforcer la justice, la prévention et l’accompagnement des victimes, fondée sur les 140 propositions émises par des associations féministes. Cette démarche réunit 109 députés transpartisans et vise à traduire ces recommandations en mesures législatives concrètes, afin de sortir de réponses isolées et improvisées.

À Paris, Céline Thiébault-Martinez propose une loi intégrale contre les violences

Le texte prévoit un renforcement de l’arsenal judiciaire et des mécanismes de prévention: création d’unités spécialisées au sein de la police judiciaire, formation renforcée des forces de l’ordre sur les violences sexistes et sexuelles, et suppression du « devoir conjugal » inscrit dans certains textes. Il ouvre aussi la voie à une meilleure reconnaissance des associations comme partie civile et propose de favoriser le dépôt de plaintes et l’accès à l’accompagnement pour les victimes.

Affiche montrant des femmes engagées contre les violences
Image associée à la lutte contre les violences faites aux femmes

Des chiffres et des réactions témoignent de l’urgence. « En 2024, 94 % des plaintes pour viol ont été classées sans suite », a rappelé l’un des acteurs présents, et les porte-paroles du mouvement ont insisté sur la nécessité d’une action coordonnée plutôt que de mesures isolées. L’accent est aussi mis sur le volet enfance, avec des chiffres alarmants publiés par la Ciivise sur les violences sexuelles touchant les mineurs et sur la nécessité de renforcer la prévention et les soins.

« C’est une véritable priorité de lever les obstacles qui freinent l’accès à la justice et à la protection des enfants et des femmes », a insisté le député écologiste Arnaud Bonnet en rappelant que l’enfance est une dimension centrale du texte, notamment dans le volet prévention et soins.

Des initiatives régionales et une étude inédite en Occitanie

La Région Occitanie a publié, mardi 25 novembre, les résultats d’une étude inédite sur les origines anciennes des violences faites aux femmes. Menée en 2022 et financée par la Région, elle est le fruit d’un travail mené par l’Association gardoise et par le paléoanthropologue Pascal Picq, avec le soutien du Dr Pierre Costa. Les résultats suggèrent que ces violences s’enracinent il y a environ 10 000 ans, à l’époque des sociétés agricoles, et que les mécanismes les plus anciens restent à comprendre. Une seconde phase est envisagée pour analyser l’évolution jusqu’à l’époque contemporaine.

Les premiers enseignements montrent que ces violences s’enracinent il y a environ 10 000 ans, lors du passage aux sociétés agricoles, période durant laquelle les femmes sont progressivement devenues un enjeu de contrôle et de reproduction. Le caractère inédit de cette recherche tient à son ambition de remonter aux origines préhistoriques pour mettre en exergue les mécanismes les plus anciens de ce phénomène. Une seconde phase viendra prochainement en analyser l’évolution jusqu’à l’époque contemporaine.

Le président de la Région, Carole Delga, et les responsables du dispositif insistent sur l’intérêt d’enrichir les politiques publiques par ces éclairages historiques afin de mieux prévenir, protéger et agir sur l’ensemble du territoire.

Étude régionale sur l’origine des violences faites aux femmes en Occitanie
Étude inédite en Occitanie sur les violences faites aux femmes

En parallèle, plusieurs villes organisent des actions locales, comme Angoulême, qui prévoit un hommage aux victimes au Jardin vert et des ateliers de self-défense et de théâtre-forum pour sensibiliser et former le public. À Angoulême, les organisateurs insistent sur la nécessité d’une action continue et partagée au-delà des jalons symboliques.

À l’échelle nationale, ces initiatives s’inscrivent dans une dynamique d’action permanente, avec des annonces qui interviennent juste après la présentation d’un projet de loi-cadre sur les violences faites aux femmes en parallèle des propositions des députés. Des discussions et des actions locales se multiplient dans les jours qui viennent, en attendant la suite des textes et les éventuelles niches parlementaires.

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