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Syrie : al-Sharaa rencontre le chef des SDF après le cessez-le-feu

par Sara
Syrie, Turquie, États-Unis

Le président syrien Ahmed al‑Sharaa a rencontré lundi le chef des Forces démocratiques syriennes (SDF), Mazloum Abdi — également connu sous le nom de Mazloum Kobani — pour sceller et consolider un cessez‑le‑feu en Syrie après plusieurs jours d’affrontements intenses qui ont vu l’armée et des forces tribales alliées progresser du nord, d’Alep jusqu’à Raqqa.

Retour sur l’escalade et report de la rencontre

La rencontre, initialement prévue dimanche, avait été reportée en raison de mauvaises conditions météorologiques. Elle intervient après une offensive de l’armée syrienne qui a repris des secteurs importants dans le nord‑est, poussant les SDF à accepter une trêve et un accord étendu plaçant les autorités civiles et militaires kurdes sous le contrôle central de l’État.

Face à la montée des violences, le président al‑Sharaa avait signé l’accord le 18 janvier 2026 à Damas, actant le cessez‑le‑feu en Syrie et des clauses d’intégration des forces concernées dans les structures étatiques.

Les principaux points de l’accord

Selon les termes annoncés par la présidence syrienne, le texte prévoit plusieurs mesures immédiates pour stabiliser la région et rétablir l’autorité de l’État.

  • Intégration progressive des combattants des SDF au sein des institutions et des forces armées de l’État.
  • Déploiement des autorités gouvernementales dans les villes de Raqqa, Deir Az Zor et Hasakah.
  • Ouverture de couloirs sûrs pour permettre le retour des civils et la reprise des activités des services publics.
  • Retrait des SDF de certaines zones orientales vers Hasakah, visant à éviter un embrasement plus large.

Position et déclarations des SDF

Dans une allocution télévisée, Mazloum Abdi a annoncé son acceptation du cessez‑le‑feu signé publiquement par al‑Sharaa, expliquant que le conflit avait été imposé aux SDF et orchestré par plusieurs parties. Il a indiqué qu’il exposerait les détails de l’accord après son retour de Damas.

Abdi a souligné que la retraite de Deir Az Zor et de Raqqa vers Hasakah visait à prévenir un bain de sang et à éviter une guerre civile. Il a reconnu des pertes importantes pour les SDF tout en affirmant la volonté de défendre les acquis de son mouvement.

Sipan Hamo, commandant des SDF et figure importante des Unités de protection du peuple, a précisé que le groupe ne cherchait pas à se séparer de la Syrie et a appelé à des garanties de la part des États‑Unis et d’autres acteurs internationaux. Il a nié tout soutien venant de l’Iran ou de la Russie tout en exprimant l’espoir d’un appui extérieur en faveur des Kurdes.

Réactions et enjeux internationaux

Le chef de la diplomatie américaine pour la région, Tom Barrack, a rencontré al‑Sharaa à Damas et a qualifié l’accord de tournant, écrivant sur les réseaux sociaux qu’il ouvre la voie à un dialogue renouvelé et à une coopération en vue d’une Syrie unifiée.

Les États‑Unis maintiennent des forces en nombre limité dans le nord de la Syrie et demeurent concentrés sur la menace d’un retour de l’organisation État islamique (ISIL). Cet enjeu a été ravivé après une attaque meurtrière contre des soldats et des civils liés à des forces américaines en décembre, qui a entraîné de nouvelles opérations américaines contre des positions djihadistes.

Par ailleurs, le président turc Recep Tayyip Erdogan a échangé par téléphone avec al‑Sharaa et a réaffirmé le soutien d’Ankara à Damas, insistant sur la nécessité d’éliminer totalement les éléments qu’il qualifie de terroristes sur le territoire syrien.

Conséquences immédiates sur le terrain

Le ministère syrien de la Défense a annoncé un cessez‑le‑feu sur tous les fronts, promettant la création de corridors sécurisés pour les civils et la reprise du fonctionnement des institutions d’État dans les zones concernées.

Cette accalmie suit une opération militaire de deux jours qui a permis aux forces gouvernementales de reprendre des positions clés à l’est et au nord‑est, après l’échec d’accords précédents avec les SDF.

Points à suivre

Alors que l’accord prévoit l’intégration des combattants des SDF et le rétablissement de l’administration centrale dans des régions longtemps gouvernées par les Kurdes, la mise en œuvre effective du cessez‑le‑feu en Syrie dépendra des garanties internationales, du respect des engagements sur le terrain et de la capacité des parties à éviter une nouvelle escalade.

source:https://www.aljazeera.com/news/2026/1/19/syrias-president-al-sharaa-to-meet-sdf-leader-abdi-after-ceasefire-deal

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