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Mayotte : plus de 100 sages-femmes, fin de la réserve sanitaire à la maternité

par Lea
France

Au début 2025, l’ARS Mayotte a lancé un plan inédit pour renforcer durablement les effectifs au Centre hospitalier de Mayotte (CHM). Ce dispositif associe un levier financier renforcé et un soutien organisationnel via des partenaires hospitaliers, afin de réduire progressivement le recours à la réserve sanitaire dans les services périnataux.

Deux leviers pour renforcer les effectifs

La stratégie repose sur deux volets majeurs : l’attractivité financière et l’appui organisationnel au CHM. Sur le volet financier, les mesures d’indemnités d’exercice ont été refondues: la durée minimale d’engagement est portée à deux ans; les primes peuvent atteindre l’équivalent de sept mois de traitement annuel; les engagements des médecins contractuels deviennent renouvelables.

L’ARS précise que cette dynamique s’est étendue aux sages-femmes, qui relèvent d’un statut médical spécifique au sein de la fonction publique hospitalière et bénéficient désormais de l’application de l’IPE au CHM. Une prime d’engagement est ainsi ouverte aux sages-femmes qui choisissent un contrat de deux ans, signe fort de reconnaissance et de valorisation de leur rôle essentiel.

Parallèlement, la DGOS a lancé un appel à manifestation d’intérêt auprès de groupements hospitaliers de territoire et de centres hospitaliers universitaires afin de renforcer l’appui au CHM. Plusieurs établissements se sont déjà positionnés pour accompagner le CHM, avec des travaux et analyses en cours, notamment avec le CHU de Rennes pour la filière infectiologie et l’EPSMR de La Réunion pour la psychiatrie.

107 sages-femmes et fin de la réserve sanitaire

Grâce à ce dispositif, les recrutements de sages-femmes repartent à la hausse, avec une moyenne dépassant 107 professionnelles présentes au CHM au second semestre 2025. Dans ce cadre, la réserve sanitaire a été mobilisée de manière dégressive et la maternité de Mamoudzou pourra, à partir de fin janvier, fonctionner dans des conditions normales sans recourir à la réserve sanitaire.

Cette dynamique dégressive illustre que l’offre en sages-femmes au CHM est progressivement redevenue suffisante pour répondre aux besoins, selon l’ARS.

Maternités périphériques : des centres de proximité plutôt que des accouchements

Alors que la stabilisation des effectifs au CHM constitue une avancée importante, les anciennes maternités périphériques restent fermées et certaines zones de l’île demeurent sans service obstétrical. En réponse, l’ARS a travaillé avec l’établissement pour ouvrir des centres périnataux de proximité.

Ces centres proposent des consultations prénatales et postnatales, des cours de préparation à la naissance, des informations sur les soins du nouveau-né et le suivi de la planification familiale. L’objectif est de sécuriser le parcours des parturientes et des nourrissons près du domicile, même sans possibilité d’accoucher sur place. Pour les habitants des communes éloignées, ces centres assurent un suivi régulier et déchargent le CHM des consultations de routine, renforçant l’accès global aux soins périnataux sur Mayotte, où l’accès reste particulièrement fragilisé.

Selon l’ARS, Mayotte demeure confrontée à des difficultés d’attractivité et à un turnover élevé des professionnels de santé, ce qui explique l’importance de ces mesures. La reconquête des effectifs en sages-femmes offre une perspective positive pour l’autonomie des maternités du CHM, mais le défi est encore à relever pour renforcer l’offre de soins sur l’île et fidéliser durablement les professionnels.

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