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Le président américain Donald Trump a déclenché une vive polémique en Israël en qualifiant le président Isaac Herzog de « scandaleux » pour ne pas avoir encore accordé la grâce au chef du gouvernement sortant, Benjamin Netanyahu, dans le cadre de son procès pour corruption, selon un article du New York Times. Cette prise de position a relancé le débat sur l’ingérence américaine dans les affaires intérieures d’un allié stratégique.
Selon la correspondante à Jérusalem, Isabel Kirschner, M. Trump a tenu ces propos lors d’un échange avec des journalistes à la Maison-Blanche, affirmant que « les Israéliens doivent réprimander leur président » pour le retard pris dans l’examen d’une éventuelle grâce. Ces déclarations ont été perçues comme inhabituelles de la part d’un chef d’État américain.
L’intervention la plus explicite
Plusieurs observateurs considèrent cette sortie comme l’intervention la plus directe d’un président américain dans les affaires intérieures israéliennes. Immédiatement, les réactions ont été contrastées au sein de l’arc politique israélien.
Le président Herzog a rejeté les accusations, précisant que la demande de grâce était toujours à l’étude conformément à la loi, et que la décision se prendrait « dans l’intérêt de l’État et selon la conscience du président », sans céder à des pressions internes ou externes. Le bureau présidentiel a par ailleurs rappelé qu’Israël est « un État souverain régi par la primauté du droit ».
En revanche, certains soutiens de M. Netanyahu, parmi lesquels des personnalités publiques, ont exprimé leur sympathie pour M. Trump tout en estimant que la forme de ses propos aurait dû être différente et moins directe.
Une question d’égalité devant la loi
Benjamin Netanyahu est jugé depuis cinq ans pour des chefs d’accusation comprenant corruption, fraude et abus de confiance. Pour les détracteurs d’une grâce anticipée, accorder une immunité avant un verdict serait une atteinte au principe d’égalité devant la loi.
Ils soulignent également que la fonction présidentielle en Israël reste en grande partie symbolique, et que le pouvoir de grâce compte parmi ses rares prérogatives effectives, ce qui rend son usage sensible sur le plan institutionnel et politique.
Cette affaire s’inscrit en outre dans une série d’interventions publiques de M. Trump en faveur d’un allégement des poursuites contre M. Netanyahu, après des demandes formulées à plusieurs reprises, que ce soit lors d’apparitions publiques ou par correspondance.
Enjeux et perspectives
Le débat relancé par ces propos met en lumière des tensions persistantes : jusqu’où peut aller l’influence d’un allié sans porter atteinte à la souveraineté et à l’autonomie judiciaires ?
À court terme, la polémique devrait renforcer la pression sur les institutions israéliennes pour clarifier les procédures entourant la grâce présidentielle, tout en ravivant les discussions sur l’équilibre entre symbolisme et pouvoir effectif au sein de la présidence.
- Acteurs clés : Donald Trump, Isaac Herzog, Benjamin Netanyahu.
- Questions soulevées : ingérence étrangère, primauté du droit, rôle du président.
- Situation judiciaire : procès en cours pour des accusations de corruption.