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C’est une manœuvre stratégique majeure qui pourrait redéfinir l’échiquier énergétique mondial. Le géant américain Chevron, associé au fonds d’investissement Quantum Capital Group, prépare une offre colossale de 18,8 milliards d’euros pour racheter l’intégralité des actifs internationaux du groupe russe Lukoil. Cette opération sensible se déroule sous la surveillance étroite de Washington, sur fond de sanctions économiques durcies.
Une acquisition Lukoil pour 18,8 milliards d’euros
L’offensive américaine sur les actifs russes se précise. Le poids lourd de l’énergie Chevron et le fonds Quantum Capital Group ont uni leurs forces pour soumettre une proposition de rachat estimée à 18,8 milliards d’euros. Cette offre cible spécifiquement la branche internationale de Lukoil, c’est-à-dire l’ensemble de ses activités situées hors des frontières de la Fédération de Russie.
Le périmètre de cette transaction potentielle est gigantesque. Il englobe non seulement les infrastructures de production de pétrole et de gaz, mais également plusieurs raffineries stratégiques. De plus, le joyau de cette offre réside dans le vaste réseau de distribution : plus de 2 200 stations-service réparties à travers l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient changeraient ainsi de pavillon.
Le poids des sanctions économiques américaines
Cette tentative d’acquisition Lukoil ne relève pas du simple opportunisme commercial. Elle est la conséquence directe des sanctions imposées par les États-Unis et le Royaume-Uni vers la mi-octobre 2025. Ces mesures visaient spécifiquement les ventes de pétrole et de produits dérivés du deuxième plus grand producteur russe, obligeant le groupe à se délester de ses actifs étrangers.
Le processus de vente a attiré de nombreux prétendants, transformant la transaction en un véritable feuilleton géopolitique. Le négociant suisse Gunvor avait initialement ouvert le bal, avant de se retirer, qualifié d’« outil russe » par la Maison Blanche. D’autres acteurs majeurs, tels que le groupe hongrois MOL, le géant Exxon Mobil, le saoudien Midad Energy ou encore le fonds Carlyle, ont également manifesté leur intérêt.
L’administration Trump en arbitre final
Bien que l’offre soit sur la table, la finalisation de l’accord reste suspendue à une décision politique. L’administration de Donald Trump a été notifiée de la proposition, et les négociations sont prévues pour durer jusqu’au 17 janvier 2026. Le verdict final appartient au Département du Trésor américain, qui détient le pouvoir de valider ou de bloquer la transaction.
Concrètement, le président américain conserve un droit de veto, exerçant ainsi une influence décisive sur l’issue du dossier. Pour permettre la continuité des opérations durant cette période d’incertitude, l’OFAC (l’organisme de contrôle financier américain) a prolongé la licence d’exploitation des stations-service Lukoil à l’étranger jusqu’au 29 avril 2026, offrant un sursis temporaire aux 2 200 points de vente concernés.