Le contrat entre Capgemini et l’ICE est au cœur d’un dialogue entre le gouvernement et le secteur privé. Le ministre de l’Economie Roland Lescure a appelé mardi le groupe d’informatique français Capgemini à « questionner » ses activités, après la révélation d’un contrat passé par une filiale avec la police américaine de l’immigration (ICE). « J’engage Capgemini à faire la lumière de manière extrêmement transparente sur les activités qui sont siennes, sur cette politique et sans doute à questionner la nature de ces activités », a indiqué Roland Lescure à l’Assemblée nationale. Selon des informations de l’association L’Observatoire des multinationales publiées la semaine dernière et reprises lundi soir sur France 2, Capgemini a notamment fourni à l’ICE un outil d’identification et de localisation de personnes étrangères. Dans son message publié sur LinkedIn, le directeur général de Capgemini, Aiman Ezzat, avait indiqué avoir appris « par des sources publiques » la signature en décembre d’un contrat entre sa filiale américaine et l’ICE. Selon le dirigeant, la structure de cette filiale indépendante, soumise à la législation américaine, impose des règles d’étanchéité avec la direction centrale de l’entreprise. Cette filiale « prend les décisions de manière autonome, dispose de réseaux étanches, et (…) le groupe Capgemini est dans l’impossibilité d’accéder à toute information classifiée, à des contrats classifiés », a poursuivi Aiman Ezzat. À l’Assemblée nationale, Roland Lescure a affirmé avoir interpellé l’entreprise à ce sujet. « Je leur ai dit entre nous que cette explication ne suffisait pas et que la moindre des choses (…) c’est qu’une entreprise qui détient des filiales sache ce qui se passe dans ces entreprises, et c’est ce que Capgemini s’est engagé à faire », a-t-il indiqué. Dans son message publié sur LinkedIn, le directeur général du groupe avait précisé avoir été informé que sa filiale avait « engagé un processus d’examen du contenu et de la portée de ce contrat ». La police fédérale de l’immigration a été récemment mise en cause dans la mort de deux citoyens américains abattus à Minneapolis (Minnesota) à moins de trois semaines d’écart alors qu’ils étaient témoins d’opérations menées dans la rue et en plein jour. Les députés français de La France insoumise (LFI) ont annoncé mardi le dépôt d’une résolution contre l’ICE, appelant le gouvernement à dénoncer « les violations des droits humains », à demander une « enquête internationale », ou encore à interdire à ses responsables l’accès au territoire européen.

Contexte et déclarations publiques autour du contrat Capgemini et ICE
Le cadre est posé par des échanges à l’Assemblée nationale et par les déclarations des dirigeants: le groupe souligne l’autonomie de sa filiale américaine et le cadre juridique qui l’encadre. Le gouvernement insiste sur la nécessité de transparence et de clarté concernant les activités transnationales des grandes entreprises, notamment lorsqu’elles touchent des domaines sensibles. La communication officielle rappelle que la filiale « prend les décisions de manière autonome, dispose de réseaux étanches », ce qui complexifie l’accès à des informations centralisées pour le groupe.
En parallèle, Aiman Ezzat a répété que l’entreprise avait cité « par des sources publiques » l’existence d’un contrat et a précisé qu’un « processus d’examen du contenu et de la portée de ce contrat » avait été engagé par la filiale concernée. Les échanges à l’Assemblée nationale, où le ministre a réaffirmé l’objectif de répondre aux questions, s’inscrivent dans un contexte plus large de débats sur la responsabilité des entreprises multinationales et sur les droits humains.
Réactions et enjeux politiques
Les députés de La France insoumise (LFI) ont annoncé le dépôt d’une résolution contre l’ICE, appelant le gouvernement à dénoncer « les violations des droits humains », à demander une « enquête internationale », ou encore à interdire à ses responsables l’accès au territoire européen. Cette affaire intervient à un tournant dans les débats sur les droits humains et la régulation des activités transfrontalières des entreprises, avec des implications potentielles pour les relations entre la France, l’Union européenne et les États‑Unis.
Au‑delà du cadre national, l’affaire rappelle les défis liés à l’utilisation de technologies et de services sensibles par des filiales à l’étranger, et elle met en lumière la nécessité d’un équilibre entre transparence, sécurité et respect des droits humains. L’écho médiatique et les éléments fournis par France 2 et L’Observatoire des multinationales alimentent un débat qui pourrait influencer les prochaines étapes politiques et juridiques autour des marchés et des partenariats internationaux.