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Jour 1 429 de la guerre Russie–Ukraine : les combats se poursuivent et font de nouvelles victimes, tandis que la scène diplomatique et les mesures coercitives se multiplient. Vendredi 23 janvier, les frappes russes ont visé plusieurs régions ukrainiennes, la crise énergétique s’est aggravée avec des coupures de chauffage, et des pourparlers impliquant Kiev, Moscou et Washington ont été annoncés.
Combats et frappes
Les autorités locales ukrainiennes ont fait état de plusieurs attaques meurtrières vendredi. Dans la région de Kharkiv, deux bénévoles livrant du pain ont été tués par un drone qui a visé leur véhicule dans la localité frontalière de Derhachi, a indiqué le responsable de l’administration militaire régionale sur Telegram.
Par ailleurs, la ville de Dnipro a été touchée par une attaque de drones contre un immeuble d’habitation en hauteur, faisant au moins sept blessés, selon le maire. Dans la région de Zaporizhia, des bombardements à la bombe à plané ont tué une personne et blessé quatre autres à Komyshuvakha.
La ville de Kryvyi Rih, dans la région de Dnipropetrovsk, a également été visée : douze personnes ont été blessées, dont quatre enfants, a rapporté le chef de l’administration régionale. De leur côté, les autorités russes affirment avoir abattu 31 drones ukrainiens au cours de la nuit et des premières heures de la matinée.
Sanctions et interception en mer
La France a annoncé l’interception en Méditerranée d’un tanker pétrolier présenté comme appartenant à la « flotte de l’ombre », un ensemble de navires utilisés pour contourner les sanctions internationales. Le président français a précisé que le navire venait de Russie, faisait l’objet de sanctions et était soupçonné d’afficher un pavillon falsifié.
Emmanuel Macron a expliqué que l’opération s’était déroulée « dans le strict respect de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer » et en coordination avec des alliés. L’action souligne la volonté de plusieurs États de renforcer le contrôle sur les exportations d’hydrocarbures liées à la Russie.
Situation énergétique critique
Le réseau énergétique ukrainien a connu sa journée la plus difficile depuis la panne massive de novembre 2022, a averti le ministre de l’Énergie. Les conditions sont restées « extrêmement difficiles », notamment à Kiev et dans la région de Dnipropetrovsk, alors que les températures nocturnes descendaient autour de -10 °C.
Le maire de Kiev a indiqué que 2 600 immeubles d’habitation restaient sans chauffage deux jours après les dernières attaques nocturnes, tandis que près de 600 bâtiments avaient retrouvé le chauffage. Ces coupures renforcent la vulnérabilité des populations civiles face à l’hiver et aux ruptures d’approvisionnement.
Politique et diplomatie : pourparlers et tensions
Le président ukrainien a annoncé que des négociateurs ukrainiens se rendaient aux Émirats arabes unis pour des rencontres avec des équipes de négociation russes et américaines. Cette initiative suit une journée de discussions à Davos, durant le Forum économique mondial.
Du côté russe, le Kremlin a indiqué que Vladimir Poutine avait reçu en fin de journée des émissaires américains — Steve Witkoff, Jared Kushner et Josh Gruenbaum — pour examiner un plan visant à mettre fin au conflit. De son côté, le président américain a affirmé après un entretien avec Volodymyr Zelenskyy que les deux présidents souhaitaient conclure un accord.
Les réactions européennes sont cependant empreintes de réserve : le Premier ministre britannique a exprimé ses inquiétudes quant à l’idée de confier un rôle dans la résolution du conflit à Vladimir Poutine, rappelant que la Russie mène une guerre contre un pays européen. La cheffe de la diplomatie de l’UE a de son côté estimé que les récents désaccords transatlantiques avaient porté un coup aux relations entre l’Union et les États-Unis, profitant aux adversaires communs.
Sur un autre plan, la commissaire aux droits humains russe a déclaré que deux soldats russes, dont les corps avaient été rendus lors d’un échange de prisonniers, étaient encore vivants et indemnes au moment de leur capture en mai 2025. Cette affirmation a été présentée par les autorités russes comme un élément du dossier.
Soutien militaire occidental
La Norvège a annoncé avoir livré rapidement des missiles de défense aérienne afin de permettre au système NASAMS de continuer à protéger les civils ukrainiens contre les frappes aériennes meurtrières. Le ministre norvégien de la Défense a précisé que ces livraisons ont été effectuées en coopération avec les États-Unis et d’autres partenaires.
Ces livraisons interviennent dans un contexte où la défense anti-aérienne ukrainienne est sollicitée pour contrer une intensification des attaques par drones et par armes aériennes guidées.