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Des militaires en Guinée-Bissau ont pris le contrôle du pays et suspendu le processus électoral, marquant une nouvelle crise politique en Afrique de l’Ouest. L’annonce a été faite dans l’après-midi par le général Denis N’Canha, chef de la maison militaire de la présidence, qui a évoqué la création d’un « Haut commandement pour la restauration de l’ordre, composé de toutes les branches de l’armée » prenant la direction du pays jusqu’à nouvel ordre. Selon des témoins sur place, des tirs ont été entendus autour du palais présidentiel et des rues se sont vidées, tandis que des centaines de personnes cherchaient à s’abriter.
À Bissau, des militaires prennent le pouvoir et suspendent le processus électoral
Le général N’Canha a déclaré que le Haut commandement dirigerait le pays jusqu’à nouvel ordre et a justifié l’action en évoquant la nécessité de garantir la sécurité et de rétablir l’ordre. « Ce qui nous a poussé à le faire c’est pour garantir la sécurité au niveau national et également rétablir l’ordre », a‑t‑il ajouté, évoquant la découverte par les « Renseignements généraux » d’un « plan visant à déstabiliser le pays avec l’implication des barons nationaux de la drogue ». Les Renseignements généraux « ont confirmé l’introduction d’armes dans le pays pour changer l’ordre constitutionnel ». La fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritimes et l’instauration d’un « couvre-feu obligatoire » ont été annoncées. L’exercice du pouvoir du commandement commence à partir d’aujourd’hui, a‑t‑il ajouté. À l’aube, les rues du centre‑ville semblaient plus calmes, mais des habitants ont raconté avoir cherché à quitter la zone du palais.

Le président Embalo arrêté et détenu
Le président sortant Umaro Sissoco Embalo est détenu mercredi « en prison à l’état-major » par des militaires et est « bien traité », a indiqué à l’AFP un officier de l’armée. Une autre source militaire a confirmé l’arrestation du président Embalo aux côtés du « chef d’état-major et du ministre de l’Intérieur ». Des proches de l’opposition ont également évoqué l’arrestation de l’opposant Domingos Simoes Pereira.

En fin d’après-midi, des tirs avaient été entendus près du palais et les rues restaient désertes, tandis que les militaires avaient pris le contrôle des grandes artères. Des responsables affiliés au PAIGC avaient aussi été mentionnés comme arrêtés selon certaines sources.
Réactions et contexte international
Cette affaire s’inscrit dans une série de coups d’État en Afrique de l’Ouest depuis 2020, notamment au Mali, au Burkina Faso, au Niger et en Guinée‑Conakry. La Commission Nationale des Elections (CNE) a été attaquée par des hommes armés non identifiés mercredi, selon un responsable de la communication de la commission.
Le gouvernement portugais a appelé à la reprise du processus électoral dans son ancienne colonie et à la rétablissement de la régularité des institutions, exhortant les parties impliquées à s’abstenir de violence et à permettre la dépouillement et la proclamation des résultats.