La réponse courte
Des manifestations de jeunes encore à venir en Allemagne, des ports déjà perturbés en France et en Grèce : les mobilisations du 30 octobre 2026 ne sont pas au même stade. Elles ne portent pas non plus sur les mêmes demandes. À l’école et au coût de la vie mis en avant par les jeunes Allemands répondent, dans les ports, des revendications salariales et un refus des usages militaires des infrastructures.1
En Allemagne, environ 150 000 personnes se sont inscrites pour participer samedi aux rassemblements de Gen Z regelt dans 30 villes, dont Berlin, Francfort et Cologne. Ce nombre mesure des intentions, pas la foule effectivement présente. Les préparatifs des manifestations en France et à Berlin constituent un autre volet de cette actualité : un dispositif de sécurité annoncé ne donne pas davantage un bilan de participation.1
Pour ces jeunes, la contestation ne se réduit pas aux dépenses quotidiennes : elle concerne aussi l’état de certaines écoles et les réductions budgétaires. Gen Z regelt, qui se présente comme une alliance non partisane, réclame que la jeunesse soit entendue dans les décisions sur son avenir. Le rapprochement avec les grèves portuaires a donc une limite : demander des moyens pour l’école et négocier la rémunération du travail ne mobilisent pas les mêmes leviers.1
Dans les ports français, l’appel à un arrêt de travail de 24 heures concerne environ 14 000 salariés, dont la moitié sont des dockers. Là encore, le périmètre de l’appel ne constitue pas un décompte des grévistes. Les demandes portent notamment sur le relèvement du salaire minimum et sur des augmentations de salaire plutôt que des primes sans cotisations sociales. Elles s’accompagnent d’une défense de l’éducation publique, des hôpitaux et de la protection sociale : les préoccupations des salariés et des jeunes se recoupent donc sans devenir identiques.1
En Grèce, la conséquence pour les voyageurs est déjà concrète : la grande majorité des liaisons maritimes entre le continent et les îles de la mer Égée est interrompue vendredi. Les syndicats de marins et de mécaniciens de la marine marchande réclament des salaires décents et des conventions collectives. Ils contestent aussi le transport de matériel de guerre par les ports et refusent que les travailleurs soient exposés à des missions dans des zones maritimes dangereuses. Ce dernier volet relève des conditions de sécurité et de l’usage des infrastructures, pas seulement du pouvoir d’achat.1
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