Dans le contexte dramatique du conflit au Proche-Orient, plusieurs voix jusque-là réservées s’élèvent pour dénoncer ouvertement les actions du gouvernement israélien dirigé par Benjamin Nétanyahou. Parmi elles figurent Anne Sinclair, journaliste reconnue, et Delphine Horvilleur, rabbine progressiste engagée, qui brisent le silence et interpellent l’opinion publique sur la gravité de la situation à Gaza.
Un réveil salué dans le débat public
Depuis le début des hostilités, la radicalité des critiques envers Israël semblait en grande partie cantonnée à La France Insoumise (LFI), donnant l’impression d’un monopole intellectuel sur ce positionnement politique. Or, ce silence apparent commence à se fissurer avec des prises de parole courageuses et nécessaires.
Delphine Horvilleur, figure emblématique du judaïsme progressiste en France, incarne cette nouvelle dynamique. Elle exprime son impossibilité de rester muette face aux crimes de guerre et crimes contre l’humanité qui se déroulent à Gaza, notamment au moment où la famine est utilisée comme arme, soulevant des débats cruciaux sur la qualification juridique de génocide par les experts internationaux.
Des Palestiniens reçoivent de la nourriture dans une cuisine communautaire à Khan Younès, dans la bande de Gaza, ce vendredi 9 mai. (Abdel Kareem Hana/AP)
Une voix qui dérange mais qui s’impose
La position d’Horvilleur, également écrivaine populaire, traduit une profonde souffrance partagée par nombre de Juifs de gauche en France. Elle anticipe les critiques virulentes, voir les insultes, qui ne manqueront pas de fuser, notamment de la part des commentateurs pro-israéliens sur les chaînes d’information et des militants d’extrême droite, qui ont momentanément mis en veille leur antisémitisme pour soutenir Israël dans cette période.
En même temps, elle s’attend à des répliques sarcastiques venues des opposants, l’accusant de « trop tard » ou « trop peu ». Pourtant, son témoignage représente une étape majeure dans l’ouverture du débat, où la parole critique cesse d’être un tabou au sein de certaines communautés traditionnellement silencieuses.
Delphine Horvilleur confie : « J’ai souvent ressenti cette injonction au silence. J’ai parfois été bâillonnée. » Cette déclaration met en lumière le poids des pressions sociales et politiques qui pèsent sur ceux qui choisissent de condamner les exactions au Proche-Orient, quel que soit leur héritage ou leur engagement personnel.