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Le secrétaire général des Nations unies a mis en garde contre un possible « effondrement » humanitaire à Cuba si l’île caribéenne se retrouve privée de ses approvisionnements en pétrole. Cette alerte intervient après des mesures américaines visant à bloquer l’arrivée de carburant et des menaces de taxation à l’encontre de tout pays tentant d’aider Cuba. Les autorités onusiennes préviennent que l’impact pourrait être immédiat et profond sur la population.
Pénuries et perturbations déjà visibles
La pénurie de carburant provoque des coupures d’électricité prolongées, y compris à La Havane, et une flambée des prix des denrées et des transports. Les services publics et la logistique sont fortement perturbés, ce qui aggrave la vulnérabilité des ménages. Par ailleurs, l’ambassade des États-Unis à Cuba a conseillé aux ressortissants américains de se préparer à des perturbations significatives liées aux coupures de courant et aux pénuries de carburant.
Appel de l’ONU au dialogue et au respect du droit international
Le porte-parole du secrétaire général a exprimé une profonde inquiétude face à la situation humanitaire sur l’île et a averti qu’elle pourrait empirer, voire s’effondrer, si les besoins pétroliers ne sont pas couverts. Il a également rappelé la position récurrente de l’Assemblée générale de l’ONU appelant à la levée de l’embargo commercial imposé par les États-Unis à Cuba depuis des décennies. Le secrétaire général a en outre exhorté toutes les parties à privilégier le dialogue et le respect du droit international.
Un contexte géopolitique tendu
Les relations entre Washington et La Havane restent marquées par l’histoire : après la révolution de 1959 et la nationalisation des entreprises américaines, les États-Unis ont imposé un embargo qui a été renforcé en 1962. Cette politique pèse depuis longtemps sur l’économie cubaine et limite ses marges de manœuvre pour se procurer des ressources essentielles.
Rupture des approvisionnements et nouvelles tensions
Cuba dépendait largement du pétrole vénézuélien jusqu’à un changement récent des équilibres régionaux, lié à une opération à Caracas qui, selon certaines allégations, a visé le chef de l’État vénézuélien. Le président américain a ensuite affirmé contrôler le pétrole vénézuélien et a promis d’asphyxier l’approvisionnement de Cuba. Il a qualifié Cuba de « menace » et déclaré vouloir négocier avec ses dirigeants sans préciser la nature d’un éventuel accord.
Réactions régionales : le cas du Mexique
La menace de taxes sur tout pays aidant Cuba a suscité des inquiétudes, en particulier au Mexique, qui est devenu le principal fournisseur de carburant de Cuba. La présidente mexicaine a indiqué que son pays examine toutes les voies diplomatiques afin d’assurer l’acheminement de brut vers l’île, tout en évaluant les risques liés aux menaces de tarifs. Le Mexique a annoncé l’envoi d’une aide humanitaire et poursuit des négociations avec Washington pour obtenir une autorisation d’exporter du pétrole à Cuba.
Approvisionnements et réserves
Avant les récents changements, le Mexique fournissait une part importante des importations pétrolières cubaines, tandis que le Venezuela assurait un tiers des livraisons. D’autres fournisseurs, comme la Russie et l’Algérie, couvraient des parts plus modestes. Des estimations récentes indiquent que les réserves de l’île pourraient suffire entre quinze et vingt jours au rythme actuel de la demande, ce qui place la situation dans une urgence immédiate.
Réactions à La Havane
Le président cubain a dénoncé les menaces de taxation américaines, accusant Washington de vouloir « étouffer » l’économie cubaine sous un prétexte qu’il juge infondé. Le gouvernement a déclaré l’état d’urgence international et qualifié la démarche de menace « inhabituelle et extraordinaire ». Le vice-ministre des Affaires étrangères a ajouté que des contacts existent avec les États-Unis, mais qu’ils n’ont pas évolué vers un dialogue formel.
Conséquences humanitaires possibles
- Coupures d’électricité prolongées affectant hôpitaux et services essentiels.
- Hausse des prix des denrées alimentaires et des transports, accentuant l’insécurité alimentaire.
- Pénuries de carburant entravant la distribution des biens et l’accès aux soins.
- Risque d’aggravation rapide de la situation sociale si les approvisionnements ne sont pas rétablis.
Face à ces tensions, l’ONU appelle à des solutions diplomatiques pour éviter une détérioration humanitaire majeure. Alors que les négociations et les mesures annoncées dans la région continuent d’évoluer, la capacité de Cuba à sécuriser des livraisons de carburant dans les jours à venir restera déterminante pour la survie des services essentiels et le bien-être de la population.