Les riverains du quartier de Chambayard, à Boën-sur-Lignon, ont découvert, dans la nuit du 29 au 30 janvier, qu’un convoi exceptionnel avait accédé à la zone. Une palissade en tôle mesurant deux mètres de haut a été érigée autour de l’emprise qui doit accueillir la future centrale d’enrobage, projet porté par l’entreprise Stal Travaux publics (TP) et autorisé par des décisions administratives, mais qui suscite une vive opposition.

Deux recours devant le tribunal administratif
Alertés, les opposants au projet se sont immédiatement rendus sur place. Mireille Chambon, co-secrétaire de l’association Cess goudron, indique que l’accès à la zone était bloqué par des camions, et cela sans arrêté municipal. Des vigiles accompagnés de chiens et plusieurs brigades de gendarmerie étaient présents.
Deux recours devant le tribunal administratif sont en cours et n’ont pas été jugés; l’un porte sur la délibération de vente des terrains à l’industriel par Loire Forez Agglomération (LFA), et l’autre sur le Plan local d’urbanisme. Certains opposants à la centrale sont sur le site depuis environ cinquante jours. Ils ont informé la préfète de la Loire et celle de la Région afin qu’elles interviennent avant le lancement des travaux.
L’Agence régionale de la Santé (ARS) a émis trois avis négatifs à l’installation de cette centrale, poursuit Mme Chambon. Les emplois créés ne remplacent pas ceux qui pourraient être supprimés par l’arrivée de cette activité dans une zone comprenant aussi un collège ou lycée et un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Alors que de nombreuses métropoles privilégient des options de réduction d’impact, ici on installe une centrale d’enrobage.
Une conférence de presse de Stal TP à venir
Lors du conseil municipal du 15 janvier, la maire Anne Jouanjan a indiqué qu’Anthony Stal avait décidé d’organiser une conférence de presse avant la fin du mois afin de rassurer la population. Ce lundi matin, une vingtaine d’opposants restaient présents sur les lieux, déterminés à poursuivre leur action contre ce projet qu’ils estiment nuisible pour l’environnement et dangereux pour la santé.