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    Europe face à la menace russe : qui assurera sa défense ?

    Europe, Russie, États-Unis

    Europe face à la menace russe : qui assurera sa défense ?

    Les dirigeants européens sont arrivés cette semaine à la Conférence de Munich sur la sécurité confrontés à de grands défis. Entre la menace imminente d’une Russie agressive et la surprise d’une orientation isolationniste des États-Unis sous la présidence de Donald Trump, ils doivent désormais choisir entre se réarmer ou en payer le prix.

    Les déclarations de Trump et leurs implications

    Dans un article publié par le Financial Times, l’expert en relations internationales, Kir Giles, a commenté l’accord de Trump avec le président russe Vladimir Poutine concernant le début des discussions pour mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Cela soulève des questions sur le coût que l’Ukraine devra assumer pour atteindre cet objectif, selon le ministre de la Défense américain, Pete Hegseth.

    Le défi de la sécurité européenne

    Dans ses remarques qui correspondent étroitement aux demandes fondamentales de la Russie, Hegseth a déclaré aux alliés à Bruxelles que l’intégrité territoriale de l’Ukraine est un « objectif illusoire ». Il a également affirmé que Kyiv ne deviendrait pas membre de l’OTAN et ne recevrait pas de soutien américain pour se défendre à l’avenir.

    En l’absence de garanties de sécurité fiables de la part des États-Unis, la Russie est en mesure de reconstruire ses forces terrestres à un rythme plus rapide. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a clairement identifié le défi auquel l’Europe est confrontée, en déclarant : « Nous devons nous préparer à la guerre, c’est la meilleure façon d’éviter la guerre. » Le ministre allemand de la Défense, Carsten Breuer, a également qualifié la menace russe de « très grave ».

    Un sentiment de menace omniprésent

    Depuis le début de la guerre russo-ukrainienne, l’Europe ressent une menace d’une puissance prête à prendre des risques pour atteindre ses objectifs d’expansion territoriale. Les démocraties occidentales devront se préparer à faire face à cette menace, car l’objectif déclaré de Poutine est de réviser les « erreurs historiques et stratégiques » qui ont conduit à l’établissement des frontières de l’Europe de l’Est.

    Investissements en réarmement

    Les voisins de la Russie au sein de l’OTAN prennent conscience de cette menace et investissent massivement dans leur réarmement et le renforcement de leurs frontières. Cependant, l’Europe occidentale reste mal préparée, laissant le continent divisé entre les pays en première ligne, conscients des risques, et les régions intérieures, qui demeurent relativement calmes.

    Il est évident que le problème de l’Amérique en Europe ne date pas de Trump et Hegseth. Washington a depuis des années averti que l’Europe glisse vers le bas de sa liste de priorités stratégiques. Cette situation est illustrée par son approche de la défense d’Israël, qui diffère totalement de celle adoptée envers l’Ukraine, même avant l’accession de Trump à la présidence.

    Les préoccupations face à l’avenir

    Le retour de Trump a suscité la panique dans certaines capitales européennes, car les dirigeants se retrouvaient face à l’éventualité de devoir honorer leurs engagements de défense. En effet, Trump, comme tout dirigeant pro-russe à l’OTAN, pourrait décider de ne pas prendre de mesures face à la Russie pour restaurer « la paix et la sécurité ».

    Néanmoins, Trump et ses responsables n’ont pas encore remis en question le principe de « dissuasion élargie », qui stipule que les États-Unis demeurent le garant stratégique de leurs alliés contre les attaques nucléaires.

    Les capacités militaires russes

    Il est crucial que l’Europe considère désormais les États-Unis non pas comme une pierre angulaire de l’unité de l’OTAN, mais comme un défi. Le soutien de partenaires comme l’Iran, la Chine et la Corée du Nord renforce la capacité de la Russie à porter des frappes à distance malgré les pertes subies en Ukraine.

    Dans les années 2000, le scénario envisageable était que la Russie puisse s’emparer d’une partie du territoire de l’un des pays baltes, défiant l’OTAN de réagir après s’être d’abord rassurée que la réponse unifiée ne serait pas immédiate.

    La nécessité de la dissuasion

    Le constat selon lequel les forces russes ne peuvent pas nuire à l’Europe en raison des destructions subies en Ukraine en 2022 est désormais dépassé. Les forces terrestres russes ont été reconstruites et certaines armées de l’OTAN ont vu leur capacité diminuer, car les dons faits à l’Ukraine n’ont pas été remplacés dans les stocks.

    Le chef d’état-major britannique, l’amiral Sir Tony Radakin, a affirmé à plusieurs reprises que la Russie n’attaquerait pas l’OTAN, en faisant valoir qu’elle sait que la réponse de l’alliance serait « écrasante ». Toutefois, cela ne signifie pas que la Russie ne souhaite pas engager des opérations de sabotage ou des cyberattaques intensives contre des infrastructures vitales.

    Investir dans la sécurité

    Il est primordial que l’Europe développe une dissuasion fiable envers la Russie pour éviter une catastrophe. L’Europe a investi massivement dans la lutte contre le terrorisme et doit maintenant aussi investir dans la lutte contre le terrorisme d’État, comme c’est le cas avec la Russie. Les coûts de prévention d’une guerre dévastatrice sont dérisoires par rapport aux sommes dépensées par les États membres de l’UE pour compenser les factures d’énergie.

    La Pologne est un exemple à suivre, ayant reconnu que le coût de la dissuasion ou de la préparation à la défense, en cas d’échec de la dissuasion, est bien inférieur à la destruction potentielle engendrée par un manque de préparation.

    Le temps comme atout

    Le plus grand atout financier aujourd’hui réside dans le temps que l’Ukraine a acheté pour l’Europe en se tenant comme première ligne de défense depuis 2014. Ce temps a été gaspillé en raison du refus de reconnaître le danger, et l’histoire pourrait ne jamais pardonner à la génération actuelle de dirigeants européens si elle continue à tergiverser.

    source:https://www.aljazeera.net/politics/2025/2/16/%d9%81%d8%a7%d9%8a%d9%86%d9%86%d8%b4%d8%a7%d9%84-%d8%aa%d8%a7%d9%8a%d9%85%d8%b2-%d9%85%d9%86-%d8%b3%d9%8a%d8%af%d8%a7%d9%81%d8%b9-%d8%b9%d9%86-%d8%a3%d9%88%d8%b1%d9%88%d8%a8%d8%a7

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